Les réactions internationales dans les milieux de défense des droits humains et de la société civile convergent pour dénoncer l’intervention militaire américaine au Venezuela, qui a conduit à la capture de Nicolás Maduro et de son épouse. Organisation des Nations unies (Onu), grandes Organisations non gouvernementales (Ong) et réseaux régionaux rappellent l’illégalité de l’action et appellent au respect du droit international.
P-au-P, 05 janv. 2026 [AlterPresse] — Les réactions issues des milieux internationaux de défense des droits humains et de la société civile convergent massivement pour condamner l’intervention militaire menée par les États-Unis au Venezuela, dans la nuit du 2 au 3 janvier 2026, ayant conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, Cilia Flores, selon divers communiqués rassemblés par AlterPresse.
Ces acteurs rejettent unanimement toute tentative de justification d’une action armée unilatérale, jugée illégale au regard du droit international, en dépit, pour certains, des accusations de violations des droits humains sous le régime Maduro.
Alarme aux Nations Unies
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « alarmé » par l’intervention américaine, appelant à la retenue et au respect intégral de la Charte des Nations Unies et du droit international des droits humains.
Il insiste sur le fait que la protection de la population vénézuélienne doit primer sur toute considération politique ou sécuritaire.
De son côté, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République bolivarienne du Venezuela exprime une profonde inquiétude face aux risques accrus de violations graves des droits humains dans un contexte d’instabilité, d’état d’urgence et de déclarations américaines évoquant une possible « administration » du pays.
La Mission rappelle avoir documenté depuis 2014 des crimes contre l’humanité, dont des exécutions extrajudiciaires, détentions arbitraires, tortures, disparitions forcées, violences sexuelles, et souligne que ces crimes ne sauraient justifier une intervention militaire étrangère.
Condamnation ferme des grandes Ong internationales
La Fédération internationale pour les droits humains (Fidh) condamne les bombardements et opérations militaires américaines, qualifiés d’agression armée violant la souveraineté du Venezuela et les principes fondamentaux du droit international.
Elle dénonce également les déclarations américaines liant l’intervention au contrôle des ressources pétrolières, y voyant un précédent dangereux à l’échelle mondiale.
Amnesty International estime que l’intervention constitue très probablement une violation de la Charte des Nations unies et alerte sur le risque d’escalade des violations des droits humains, tant du côté des forces américaines que par d’éventuelles représailles des autorités vénézuéliennes.
L’organisation appelle à la protection immédiate des civils, des prisonniers politiques et des défenseurs des droits humains.
Human Rights Watch souligne que les Vénézuéliens ont droit à une transition démocratique rapide, pacifique et menée par eux-mêmes.
L’organisation annonce qu’elle surveillera de près les frappes américaines, rappelant que avant les récentes frappes, les États-Unis ont procédé à l’exécution extrajudiciaire de 115 personnes, lors d’attaques contre des bateaux dans la mer des Caraïbes et l’océan Pacifique, reflétant de manière inquiétante le mépris de l’administration Trump à l’égard de ses obligations en matière de droits humains.
La Commission internationale de juristes (Cij) qualifie l’attaque américaine d’usage illégal de la force, en violation de l’article 2§4 de la Charte de l’Onu, et condamne l’arrestation de Nicolás Maduro et de son épouse comme contraire au droit international.
Elle met en garde contre le risque de sacrifier la justice due aux victimes de crimes contre l’humanité au profit d’arrangements politiques.
Société civile régionale : Rejet de la tutelle et appel au multilatéralisme
Des organisations régionales comme Washington office on Latin America (Wola) et Centro por la justicia y el derecho internacional (Cejil), ainsi que de vastes coalitions latino-américaines, mexicaines et européennes, dénoncent une agression unilatérale dangereuse, rappelant les dizaines d’attaques militaires américaines, menées depuis 2025 dans la région et leurs lourds bilans humains.
Elles alertent sur un retour assumé à des logiques d’ingérence et de tutelle, notamment à travers des références explicites à la Doctrina Monroe, et appellent à une réponse internationale fondée sur le multilatéralisme, la désescalade et le dialogue.
Toutes ces organisations insistent sur un point central : la crise vénézuélienne ne peut trouver d’issue durable que par une transition démocratique, pacifique et négociée, centrée sur les victimes, la souveraineté populaire et le respect strict du droit international.
• ONU – Volker Türk : alarmé, appel à la retenue et au respect du droit international, priorité protection population.
• Mission internationale indépendante : crimes documentés depuis 2014, intervention non justifiée, risque accru de violations graves.
• FIDH : agression et violation de la souveraineté, pétrole = précédent dangereux, solutions diplomatiques.
• Amnesty International : intervention illégale selon ONU, risque escalade, protection civils et défenseurs droits humains.
• Oxfam : condamnation action unilatérale, aggravation crise humanitaire, appel au dialogue et aide humanitaire.
• HRW : transition rapide et pacifique dirigée par Vénézuéliens, surveillance frappes, 115 exécutions extrajudiciaires avant frappes récentes.
• CIJ : usage de la force et arrestation de Maduro → violation droit international, risque sacrifier justice victimes crimes contre l’humanité.
• WOLA, CEJIL et coalitions régionales : rejet ingérence américaine, alertes attaques depuis 2025, appel multilatéralisme et dialogue.
Points de divergence
• Justice : ONU/CIJ/CEJIL → procédures strictes ; HRW → action rapide
• Rôle US : rejet total (ONU, FIDH, CEJIL) vs encadrement possible (HRW, WOLA)
• Lecture intervention : politique/géopolitique (FIDH, coalitions) vs juridique/humanitaire (ONU, Amnesty, HRW)
• Priorité immédiate : protection civile (ONU, Amnesty, CEJIL, Oxfam) vs justice pour victimes (FIDH)
• Rythme transition : rapide (HRW, WOLA) vs prudente (ONU, Mission d’enquête)
Consensus
• Intervention militaire illégale
• Violations graves droits humains
• Transition démocratique pacifique dirigée par Vénézuéliens
• Priorité : protection civils et reddition des comptes
[apr 05/01/2026 21:00]
Photo : Amnesty International
