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Haïti : L’Ue sanctionne Michel Martelly, Youri Latortue, Rony Célestin et le chef de gang Johnson André, dit Izo 5 Segonn, pour violences de gangs

Bruxelles, 15 déc. 2025 [AlterPresse] --- Le Conseil de l’Union européenne (Ue) a imposé, ce lundi 15 décembre 2025, des sanctions à Joseph Michel Martelly, ancien président (14 mai 2011 - 7 février 2016) de la république d’Haïti, à Youri Latortue, son ex-conseiller politique et fondateur du parti politique Ayiti an Aksyon (Aaa), à Rony Célestin, ancien sénateur, ainsi qu’au chef de gang Johnson André (Izo 5 segonn) selon un communiqué consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Ces personnalités, jouissant d’une impunité persistante en Haïti, sont accusées d’avoir soutenu et facilité des actes de violences, perpétrés par des gangs, ainsi que de graves et incessantes violations des droits humains.

Les personnes désignées font l’objet d’un gel de leurs avoirs et d’une interdiction de voyager dans l’espace européen.

Les personnes physiques ou morales de l’Ue sont interdites de leur fournir, directement ou indirectement, des fonds, des actifs financiers ou des ressources économiques.

Le chef de gang haïtien Johnson André, alias Izo 5 Segonn, basé dans le quartier du Village de Dieu, à Port-au-Prince, a également été sanctionné par l’Ue.

Johnson André est tenu responsable d’assassinats, actes de kidnapping suivis de séquestration de personnes, vols, viols, actes de piraterie, extorsions, entraves à l’aide humanitaire, trafic d’armes, de munitions et de stupéfiants.

En juillet 2025, le Conseil de l’Ue avait déjà inscrit sur sa liste de sanctions, trois chefs de gangs haïtiens Micanor Altès, Christ-Roi Chéry (Krisla) et Jeff Larose, impliqués dans des activités criminelles et dans les violences en Haïti.

Ces sanctions imposent un gel de leurs avoirs, une interdiction de voyager vers l’Ue, ainsi que l’interdiction de leur fournir, directement ou indirectement, des fonds ou des ressources économiques, précise l’Ue.

Joseph Michel Martelly et Youri Latortue sont accusés d’avoir armé et financé plusieurs bandes armées, pour promouvoir leur programme politique, défendre leurs intérêts personnels et économiques, et contrôler des territoires.

Rony Célestin est impliqué dans des violences liées à des groupes armés et à la contrebande.

Il est aussi tenu pour responsable de l’assassinat, jeui soir 10 octobre 2019, à Mirebalais (Plateau central), du journaliste Néhémie Joseph, qui avait dénoncé ses activités illégales et sa corruption.

Antécédents de sanctions internationales
, Michel Martelly a été sanctionné par le Canada (20 novembre 2022) et les États-Unis (20 août 2024), pour trafic de drogue, soutien aux gangs armés et corruption, selon les autorités nord-américaines et un rapport du groupe d’experts des Nations unies, publié le 15 septembre 2023.

Le lundi 8 décembre 2025, l’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc) a demandé des poursuites contre Martelly, à la suite d’une enquête sur sa déclaration de patrimoine..

En novembre 2022, le Canada et les États-Unis ont conjointement sanctionné l’ex-président du grand corps, l’ancien sénateur Youri Latortue, et le président du tiers restant du sénat, Joseph Lambert, pour trafic de drogue et financement d’activités criminelles..

Rony Célestin, l’ancien sénateur du Sud Hervé Fourcand et l’ancien député Gary Bodeau ont été sanctionnés par le Canada pour avoir utilisé leurs fonctions publiques afin de protéger et faciliter les activités illégales de gangs armés, notamment par le blanchiment d’argent et d’autres actes de corruption..

L’Union européenne réitère son engagement à soutenir Haïti dans le renforcement de ses institutions et l’amélioration de l’accès aux services publics essentiels, dans un contexte de criminalité et d’instabilité extrême.

Elle entend collaborer avec d’autres partenaires régionaux pour faire face à la crise humanitaire et sécuritaire, que traverse Haïti.

Un cadre juridique renforcé

Le 28 juillet 2023, le Conseil de l’Ue a modifié son régime de sanctions, pour permettre l’imposition de mesures restrictives à l’encontre de personnes ou entités menaçant la paix, la sécurité, la démocratie ou l’état de droit en Haïti.

Cette décision fait suite aux sanctions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), en octobre 2022, contre des individus et entités liés à la violence des gangs en Haïti.

Dans une déclaration du 17 octobre 2024, le Conseil européen avait déjà exprimé ses vives préoccupations face à la situation en Haïti, appelant à des sanctions ciblées pour contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans le pays. [emb rc apr 15/12/2025 11:00]