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Médias : Les violences de genre, absentes de la couverture médiatique en Haïti, selon le rapport mondial Gmmp+30 de la Wacc

Par Marie Farah Fortuné

P-au-P, 11 déc. 2025 [AlterPresse] --- Les sujets, liés aux violences de genre, sont quasi absents des médias en Haïti, selon un rapport mondial Global media monitoring project (Gmmp+30), publié le mardi 9 décembre 2025 par l’Association mondiale pour la communication chrétienne (Wacc), dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Les données concernant Haïti ont été collectées sur 10 médias (presse écrite, radio, télévision et en ligne) par 27 bénévoles, issus du département de communication de la Faculté des sciences humaines (Fasch) de l’Université d’État d’Haïti (Ueh) et du Rezo fanm radyo kominotè Ayisyen yo (Refraka), dans le cadre de la Journée mondiale de monitoring sur le genre dans les médias (Gmmp).

Une sous-représentation persistante des femmes dans les contenus médiatiques

Selon le rapport réalisé le 6 mai 2025, la présence des femmes dans les contenus médiatiques est marginale : 38 % dans les sujets économiques, 21 % dans ceux liés à la criminalité et àux violences (pas de genre), et seulement 10 % dans les thématiques politiques.

En tant que sujets, sources ou journalistes, les femmes sont quasi absentes.

Elles sont très faiblement mentionnées comme sujets dans les nouvelles, dont 0% comme politicienne, 41% comme activistes ou travailleuses d’organisations de la société civile, souligne le document.

Cependant, elles y sont très fortement présentes comme étudiantes, élèves et écolières, atteignant jusqu’à 100 % dans certains cas.

La Wacc évoque le contexte difficile, dans lequel évoluent les femmes en Haïti : instabilité politique persistante, insécurité généralisée, contraction économique prolongée et forte urgence humanitaire.

Un environnement médiatique dangereux et stéréotypé

La crise multidimensionnelle, qui secoue Haïti depuis plus de cinq ans, affecte fortement les professionnelles et professionnels des médias, figurant parmi les 1,4 million de personnes déplacées internes.

Les journalistes opèrent dans un environnement très dangereux, où informer est considéré comme un acte de courage, insiste le rapport de la Wacc.

Ciblé.e.s par les gangs armés, elles et ils sont victimes d’enlèvements et d’assassinats.

Cette situation met davantage en danger la vie des femmes journalistes, évaluées à 14% dans la presse écrite, 6% à la radio comme reporters et 93% comme présentatrices à la télévision.

Le 6 mai 2025, aucun reportage n’a traité des violences de genre, déplore la Wacc.

Pire encore, 25 % des reportages, qui abordaient les actes de harcèlement sexuel, les actes de viols ou d’autres agressions sexuelles, contenaient des stéréotypes, selon l’analyse du rapport de la Wacc.

Les thèmes dominants restent centrés sur la politique, surtout sur les politiciens et les membres du gouvernement.

À l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, le 25 novembre 2025, la Solidarite fanm ayisyèn (Sofa) a révélé l’ampleur des violences subies par les femmes.

Entre janvier et octobre 2025, 905 femmes victimes ont été accueillies dans ses centres Douvanjou.

Les chiffres sont alarmants : 55.35 % ont été victimes de violences perpétrées par des gangs, 35.69 % de violences conjugales, 7.62 % de violences civiles et 1.33 % de violences familiales. [mff emb rc apr 11/12/2025 15:00]