P-au-P, 09 déc. 2025 [AlterPresse] --- L’Unité de lutte contre la corruption (Ulcc) recommande des poursuites judiciaires contre l’ancien président (14 mai 2011 - 7 février 2016) de la république, Joseph Michel Martelly, ainsi que plusieurs anciens et actuels cadres de l’État, pour de graves irrégularités dans la gestion de fonds publics.
Ces recommandations figurent dans une série d’enquêtes rendues publiques le lundi 8 décembre 2025, consultées par l’agence en ligne AlterPresse.
Dans l’une de ces enquêtes, l’Ulcc demande l’ouverture d’une action publique contre Michel Martelly pour fausse déclaration de patrimoine.
L’ex-chef d’État est accusé d’avoir soumis des documents entachés d’irrégularités majeures : incohérences dans les dates, retards significatifs, omissions et contradictions concernant ses informations bancaires.
L’Ulcc évoque une « déclaration incomplète, fausse, incohérente et tardive », compromettant la transparence et la moralité administrative.
Entre 2022 et 2024, l’ancien président Martelly a été successivement sanctionné par le Canada (le 20 novembre 2022) et les États-Unis (le 20 août 2024) pour trafic de drogue, soutien aux gangs armés et corruption, selon les autorités américaines et canadiennes ainsi qu’un rapport du groupe d’experts des Nations unies, publié le 15 septembre 2023
Ce rapport de l’Ulcc fait suite à une correspondance formelle de l’organisation de la société civile Ensemble contre la corruption (Ecc), datée du 2 septembre 2024, sollicitant l’ouverture d’une enquête sur le patrimoine de l’ancien président et des personnes juridiquement liées à lui, notamment son épouse, Sophia Saint-Rémy Martelly.
Le dossier Martelly fait partie d’un ensemble de cinq rapports, transmis à la justice le 8 décembre 2025.
Il s’agit de rapports d’enquête relatifs aux subventions octroyées par Jean Ronald Joseph, ancien directeur général du Fonds national de l’éducation (Fne), ainsi qu’à la gestion des 50 millions de gourdes alloués à la célébration du 18 mai 2025 de la fête du drapeau.
Jean Ronald Joseph, est accusé de détournement de fonds et d’abus de fonction.
L’Ulcc recommande un audit de sa gestion, la restitution de plus de 68 millions de gourdes par des associations bénéficiaires, et des poursuites pénales contre Joseph et plusieurs collaborateurs pour corruption et usage de faux.
Une enquête sur l’utilisation d’un chèque de 50 millions de gourdes destiné à la fête du drapeau a révélé des soupçons de passation illégale de marchés et de détournement de fonds.
Dans cette affaire, la titulaire du Ministère de la jeunesse, des sports et de l’action civique (Mjsac), Niola Sarah Lyn Devalis Octavius et plusieurs cadres sont visés par des recommandations de poursuites pénales et administratives.
D’autres dossiers d’enquête concernent les suspicions de corruption dans l’exécution de projets de restauration et de protection de sites patrimoniaux par l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (Ispan) ainsi que des soupçons d’enrichissement illicite visant Adzen Willer Lazar, directeur des opérations à l’Université publique du Bas-Artibonite (Upbas).
Des poursuites sont exigées contre le directeur général de l’Ispan, Patrick Durandis et le directeur de projet Elsoit Colas pour abus de fonction et passation illégale de marchés.
L’Ulcc recommande également des poursuites pour enrichissement illicite contre Adzenwiller Azarre, fils du recteur de l’Upbas, Wilfrid Azarre.
Son patrimoine est jugé disproportionné par rapport à ses revenus. [emb rc apr 09/12/2025 12:25]
