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Crise : Les Évêques catholiques romains d’Haïti appellent à éviter davantage de chaos

P-au-P, 08 déc. 2025 [AlterPresse] --- La Conférence épiscopale (catholique romaine) d’Haïti (Ceh) appelle les forces vives de la nation à s’abstenir de toutes décisions ou actions, susceptibles de plonger davantage le pays dans les actes de violences ou le chaos, dans un message dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La Ceh exhorte l’ensemble des actrices et acteurs politiques à se laisser guider par la Constitution de 1987 et à respecter la tradition haïtienne, à l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt).

Elle insiste sur l’urgence « de rendre fonctionnelles les institutions démocratiques et d’œuvrer à la construction d’un État, où règnent l’ordre, la justice et la paix. »

Elle demande aux autorités de l’État de travailler d’arrache-pied pour instaurer un climat sécuritaire sur l’ensemble du territoire national, condition essentielle à l’organisation d’élections démocratiques, inclusives et transparentes.

La sécurité constitue la priorité absolue pour garantir des élections bien préparées, soulignent les évêques catholiques romains.

Ils appellent les protagonistes nationaux et internationaux à prendre les mesures nécessaires de sécurité, condition sine qua non à la tenue des élections générales.

Le Conseil électoral provisoire (Cep) a remis au Cpt un projet de décret électoral avec un calendrier, qui prévoit un premier tour des élections le 30 août 2026.

Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (Oea), Albert Ramdin, a demandé aux partenaires internationaux de mobiliser les ressources nécessaires, devant permettre de faire face aux défis sécuritaires urgents d’Haïti et de renforcer les institutions du pays, soumises à une pression extrême.

« L’action collective ne peut pas attendre. Le peuple haïtien mérite une solidarité soutenue, des contributions concrètes et un engagement partagé en faveur de la stabilité, de la dignité et de l’espoir », a-t-il déclaré lors d’une rencontre, la semaine dernière, avec les observateurs permanents auprès de l’Oea.

À l’approche du 7 février 2026, Ramdin a encouragé « une solution consensuelle », en vue d’une issue à la crise politique, lors d’une rencontre, le mardi 2 décembre 2025, avec le coordonnateur des actions du Cpt, Laurent Saint-Cyr, accompagné des autres conseillers-présidents, dans le cadre de sa première visite officielle en Haïti depuis sa prise de fonction.

Il a exhorté la classe politique à s’engager résolument dans la recherche d’une issue consensuelle, afin de consolider les acquis de la transition et préserver la stabilité jugée indispensable au pays.

De leur côté, les partis politiques peinent toujours à s’entendre sur une sortie de crise.

Certains, comme le parti politique Ansanm pou Ayiti, ont proposé la mise en œuvre d’une conférence nationale, afin d’identifier des pistes de solution. D’autres, à l’instar de la plateforme politique Pitit Desalin, préconisent une nouvelle transition d’un an et le renvoi du Cpt à l’échéance de son mandat, en vue de la réalisation d’élections générales.

Entre-temps, les gangs armés poursuivent leurs attaques sanglantes à travers le pays, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, où plus d’une une vingtaine de personnes ont été de nouveau massacrées à Pont Sondé, dans la nuit du samedi 29 novembre 2025, une année après la tuerie du jeudi 3 octobre 2024. [emb rc apr 08/12/2025 10:35]