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Haïti-Crise : Le Collectif du 4 décembre 2013 plaide pour une transition ordonnée avant l’échéance du mandat du Cpt

P-au-P, 05 déc. 2025 [AlterPresse] --- À l’occasion de son 12ᵉ anniversaire, le Collectif du 4 décembre 2013 exhorte les autorités en place à parvenir sans délai à un accord politique permettant d’assurer une transition ordonnée, avant l’échéance du mandat du Conseil présidentiel de transition (Cpt), fixée au 7 février 2026, dans un message signé par son coordonnateur général, Jean Robert Argant, et transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Il invite les membres du Cpt et du gouvernement à cesser de cultiver la division et de s’entre-déchirer et à s’entendre immédiatement pour favoriser cette transition.

Une telle entente, souligne-t-il, « serait à leur honneur et au profit de notre pays surtout que la nation attend d’eux l’ultime acte de s’imprégner du sens de responsabilité et se hisser à la hauteur d’Hommes d’État ».

Le Collectif met en garde contre toute prolongation des rivalités publiques, qui risquerait d’aggraver la souffrance du peuple et d’affaiblir davantage la souveraineté nationale.

Insistant sur l’urgence d’une sortie de crise conforme à l’esprit de la Constitution et aux aspirations de la majorité des citoyens, le regroupement citoyen plaide pour l’établissement d’« une gouvernance pleinement légitime. »

Il appelle les autorités de transition à accorder une priorité absolue à la sécurité de la population, à la restauration de l’autorité de l’État et au respect strict de la Constitution.

Le Collectif du 4 décembre 2013 dénonce une crise sans précédent, marquée par la paralysie des institutions haïtiennes, conséquence directe d’une insécurité généralisée qui menace la survie même du pays.

« Nos jeunes, désemparés et désorientés, sombrent dans la délinquance et la violence ; notre population, à bout, et nos concitoyens traumatisés expriment publiquement leur frustration. Beaucoup fuient au péril de leur vie, provoquant un exode massif et une fuite des cerveaux », déplore-t-il.

Lors d’une rencontre tenue le mardi 2 décembre 2025 avec le coordonnateur des actions du Cpt, Laurent Saint-Cyr, et d’autres conseillers-présidents, le secrétaire général de l’Organisation des États américains (Oea), Albert Ramdin, en visite en Haïti, a encouragé la recherche d’une « solution consensuelle » pour sortir de la crise politique à l’approche du 7 février 2026.

Il a exhorté la classe politique, toujours divisée, à s’engager résolument dans cette voie afin de consolider les acquis de la transition et de préserver une stabilité jugée indispensable pour le pays.

La montée des violences perpétrées par les gangs a provoqué un exode massif et des déplacements internes sans précédent, notamment dans les départements de l’Artibonite, du Plateau Central et de l’Ouest, où se situe la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Entre 2023 et 2025, 1,4 million de personnes ont été contraintes de fuir leur domicile en raison de la terreur imposée par des gangs armés à travers le territoire national, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim) publié à la mi-octobre 2025.

Le dernier rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) fait état de 1,247 personnes tuées et 710 blessées entre juillet et septembre 2025.

Plus de 3,000 personnes avaient déjà été tuées entre janvier et juin de la même année 2025. [emb apr 05/12/2025 11:10]