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Haïti-Politique : Le Conseil des ministres adopte le projet de décret électoral dans un contexte de fortes divisions au sein du CPT

Actualisation : 2 décembre 2025 à 8:00

P-au-P., 1er déc. 2025 [AlterPresse] --- Le Conseil des ministres, présidé par Laurent Saint-Cyr, chef du Conseil présidentiel de transition (CPT), a adopté à l’unanimité, le lundi 1er décembre, le projet de décret électoral, présenté comme une étape déterminante vers la tenue de scrutins attendus depuis plusieurs années.

La séance s’est déroulée en présence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, des membres du gouvernement et de plusieurs conseillers-présidents.

Les images diffusées par la Primature et visionnées par AlterPresse montrent toutefois la présence de seulement quatre membres votants du CPT sur sept : Laurent Saint-Cyr, Emmanuel Vertilaire, Louis Gérald Gilles et Smith Augustin.

Les trois autres membres votants – Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire et Edgar Leblanc – n’apparaissent sur aucune image.

Les deux membres non votants, Frinel Joseph et Régine Abraham, étaient présents.

La question du quorum et de la validité des délibérations du CPT reste particulièrement sensible. Dans une résolution du 7 mai 2024, les membres du Conseil avaient relevé la majorité décisionnelle de 4/7 à 5/7.

En juin 2024, Emmanuel Vertilaire, Louis Gérald Gilles et Smith Augustin avaient d’ailleurs rappelé à l’ancien président du CPT, Fritz Jean, qu’aucune décision majeure ne pouvait être prise sans la présence d’au moins cinq membres votants, conformément à l’article 21 et au point 4.i de cette résolution.

Un CPT ouvertement fracturé

Deux lignes politiques s’opposent désormais au sommet du CPT.

Laurent Saint-Cyr défend la continuité gouvernementale, évoque des « préoccupations légitimes » de partenaires étrangers et insiste sur la stabilité institutionnelle pour consolider les efforts sécuritaires et le processus électoral.

Fritz Alphonse Jean réclame au contraire le renvoi immédiat du Premier ministre, qu’il accuse d’« incompétence », tout en dénonçant de prétendues « menaces » diplomatiques visant à empêcher toute initiative de destitution.

Cette confrontation directe, ajoutée à l’absence de trois membres votants lors de la séance de ce lundi et à des divergences persistantes sur la sécurité, les élections et le rôle des partenaires internationaux, révèle un CPT profondément divisé, fragilisé par des luttes internes à l’approche du 7 février 2026.

Le gouvernement présente toutefois l’adoption du décret électoral comme une étape « majeure » vers la tenue rapide d’élections. Le texte a été rapidement publié dans le journal officiel Le Moniteur, ce qui permet au Conseil électoral provisoire (CEP) ne rende public le calendrier électoral. [apr 02/12/2025 04 :00]