Par Charilien Jeanvil
P-au-P., 28 nov. 2025 [AlterPresse] --- Face à la crise multidimensionnelle qui secoue Haïti depuis plusieurs années, le parti politique Ansanm pou Ayiti propose la convocation d’une Conférence nationale pour identifier des pistes de sortie de crise, à l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition.
Invité à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, son président, Schultz Simpssie Cazir, a présenté cette Conférence nationale comme l’ultime démarche capable de générer des solutions durables aux maux qui rongent le pays : instabilité chronique, polarisation politique profonde, effondrement continu de l’État, corruption, insécurité et impunité.
Ansanm pou Ayiti bénéficie du soutien de dix-neuf autres structures sociopolitiques, qui ont cosigné une déclaration commune.
« Il s’agit d’apporter une parole responsable dans cette crise », affirme Schultz Simpssie Cazir, qui se décrit comme un patriote indigné, lui-même affecté par le chaos ambiant, déterminé à œuvrer pour un changement en profondeur.
La tenue de la Conférence nationale est envisagée en janvier 2026 par ces organisations. « Une date qui n’est pas définitive », a précisé le leader du parti, soulignant que son organisation ne dépend pas exclusivement des signataires de cette proposition.
« La convocation de la Conférence nationale requiert aussi l’implication de l’État et de la société civile », ajoute-t-il. L’essentiel, selon lui, est de garantir l’application des décisions qui en résulteront, dans l’intérêt supérieur du pays, afin de favoriser la refondation de l’État et le rétablissement de la paix civile.
Aux côtés d’organisations de la société civile, de partis politiques et de groupements sociopolitiques, Ansanm pou Ayiti prône une démarche inclusive et transparente.
Une commission composée de trois personnalités a été annoncée pour élaborer « une méthodologie pragmatique » permettant de conduire ces assises nationales. Elle est formée de Me Josué Beaubrun, Mme Carole Demesmin et M. Wilcox Toyo.
Schultz Simpssie Cazir souligne le caractère exceptionnel de la conjoncture actuelle, estimant qu’aucune solution strictement constitutionnelle n’est aujourd’hui envisageable.
Loin d’y voir une faiblesse, il considère cette situation comme « un carrefour d’opportunités ». « Il faut en tirer parti », insiste-t-il, invitant à tirer les leçons des trente dernières années pour proposer une alternative plus solide et éviter l’aggravation de l’effondrement institutionnel, politique, économique, social et éthique du pays.
« Le moment est venu de mettre à plat les problèmes fondamentaux du pays, autour d’une table à la hauteur des défis et des enjeux, et avec la participation de tous les secteurs », affirme-t-il.
Selon lui, cette Conférence nationale « ne s’inscrit pas nécessairement dans un processus de médiation », en réponse aux comparaisons avec l’initiative actuellement portée par un segment du secteur universitaire.
« Il n’existe pas deux groupes en conflit. Nous faisons face à une société malade et en crise », soutient-il, estimant que la crise, trop longue, arrive désormais à la fin d’un cycle.
Schultz Simpssie Cazir appelle à une réflexion de fond. Selon lui, il est impossible d’organiser des élections sans une réforme électorale, laquelle dépend elle-même d’une réforme constitutionnelle.
« D’où la nécessité impérieuse d’une Conférence nationale pour engager cette réforme », affirme-t-il, évoquant également le déficit de légitimité du pouvoir en place.
En définitive, il exhorte les forces vives de la nation à unir leurs efforts pour sortir Haïti du marasme. « Il est temps de faire primer l’intérêt national et d’agir en conséquence », conclut-il.
Le Cpt en place jusqu’au 7 février 2026 était chargé de conduire le pays vers des élections.
Celles-ci, initialement prévues avant cette échéance, ont été reportées au 30 août 2026, selon une proposition du Conseil électoral provisoire (Cep) soumise au Cpt le 14 novembre 2025.
Le climat sécuritaire reste extrêmement préoccupant, avec une emprise croissante des gangs dans un pays privé d’élections depuis 2016. [cj gp apr 28/11/2025 18 :00]
