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Accord américano-dominicain pour l’utilisation militaire du territoire dominicain contre le narcotrafic - La crise haïtienne évoquée en marge

P-au-P, 26 nov. 2025 [AlterPresse] – Le secrétaire américain à La Guerre, Pete Hegseth, et le président dominicain Luis Abinader ont signé un accord temporaire autorisant les États-Unis à utiliser la Base aérienne de San Isidro et l’Aéroport international de Las Américas (Aila) pour des opérations logistiques dans la lutte contre le narcotrafic, rapporte la presse dominicaine consultée par AlterPresse.

L’accord permettra aux avions américains de procéder au ravitaillement en carburant et au transport de personnel et d’équipements, sous supervision du ministère dominicain de la Défense et de la Direction nationale de contrôle des drogues (Dncd).

Abinader a affirmé que le but de l’accord est « de renforcer l’anneau de protection aérienne et maritime, d’empêcher l’entrée de narcotiques et de frapper plus efficacement le crime organisé transnational ».

Hegseth a souligné que les missions se dérouleront « dans le respect de la souveraineté et des lois » et présenté cette initiative comme un modèle régional de coopération contre le narcoterrorisme.

La crise haïtienne évoquée

La situation en Haïti a été abordée en marge de la rencontre, notamment la crise humanitaire, sans plus de précision selon la presse dominicaine.

Le président du Conseil présidentiel de transition (Cpt), Laurent Saint-Cyr, juge « légitimes » les préoccupations internationales face aux démarches visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé et appelle à l’unité pour éviter une déstabilisation politique et sécuritaire.

Son collègue Fritz Alphonse Jean dénonce de prétendues « menaces » diplomatiques des États-Unis et du Canada, maintient son appel à un changement immédiat de gouvernement et réagit à une restriction de visa imposée par Washington, qu’il interprète comme un avertissement lié aux démarches contre Fils-Aimé.

Jean critique également la gestion du Premier ministre, qu’il juge marquée par « incompétence » et « insubordination », et reproche à la Primature d’avoir failli en matière de sécurité, de gouvernance et de préparation des élections.

Le Conseil électoral provisoire a proposé, le 14 novembre 2025, un calendrier fixant la présidentielle au 30 août 2026, contrairement aux attentes initiales d’un scrutin avant le 7 février 2026.

Cette situation se déroule sur fond de violences persistantes liées aux gangs armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, alors qu’Haïti n’a pas organisé d’élections depuis 2016. [apr 26/11/2025 23:00]