P-au-P, 25 nov. 2025 [AlterPresse] --- La Solidarité des Femmes Haïtiennes (Sofa) a révélé le calvaire que subissent les femmes, à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences à l’égard des femmes. Un événement que la Sofa a commémoré par une journée d’activités riches et variées, à laquelle a assisté AlterPresse ce mardi 25 novembre 2025 à Port-au-Prince.
L’organisation féministe en a profité pour mettre l’accent sur les conditions de vie des femmes en Haiti, de plus en plus fragilisées dans une société patriarcale où leur seule quête demeure bien souvent celle de la survie.
La Sofa a alerté sur l’extrême gravité de la situation, au sein de laquelle la violence prend des formes multiples, a souligné Bertanie Belony, secrétaire générale de la structure.
La Sofa a enregistré au cours des 10 premiers mois de l’année 2025, 905 femmes victimes de violences, qui ont été reçues dans ses centres Douvanjou. Les données sont alarmantes : 55.35% des femmes ont été victimes de violences des gangs, 35.69% ont subi des violences conjugales, 7.62% par des violences civiles et 1.33% par des violences familiales.
Ces chiffres sont loin d’être exhaustifs, fait remarquer Berthanie Belony, relatant que la situation serait bien plus grave, considérant qu’une majorité de femmes éprouve la peur de s’exprimer.
À travers cette activité réunissant plusieurs centaines de femmes issues d’horizons divers, la SOFA entend sensibiliser l’opinion publique sur un problème sociétal majeur, trop souvent passé sous silence. La violence faite aux femmes ne saurait être considérée comme un simple accident.

La coordonnatrice de la Sofa Mergina Fleurimat, a insisté sur la nécessité de lutter contre l’impunité, en interpellant l’État central, longtemps englué dans un laxisme préoccupant.
« Les femmes continuent d’etre victimes de violences et de viols », a-t-elle dénoncé. Alors que le Code pénal de juin 2025 considère comme crimes graves l’aggression sexuelle et le viol, rappelle la Sofa.
En cette Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Sofa appelle également à une prise de conscience nationale ainsi qu’à un engagement citoyen fort afin de combattre ce fléau.
La Sofa a, dans la foulée, invité les femmes à se solidariser entre elles et à dénoncer les actes de violences, de viols, de discrimination et d’injustice.
L’organisation a également appelé à l’établissement de mécanismes garantissant l’État de droit, la bonne gouvernance et le respect des principes démocratiques, afin de remettre le pays sur la voie de la justice et de la dignité.
La Solidarité des Femmes Haïtiennes (Sofa) a réitéré son engagement auprès des femmes, surtout les plus vulnérables et celles victimes de violences et de viols, en dépit d’un contexte d’insécurité généralisée. [cj gp apr 25/11/2025 17:30]
