Español English French Kwéyol

Haïti-États-Unis : Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition, rejette les accusations de soutien aux gangs portées contre lui

P-au-P, 25 nov. 2025 [AlterPresse] --- Fritz Alphonse Jean, membre du Conseil présidentiel de transition (Cpt), a rejeté les accusations de soutien aux gangs et à d’autres organisations criminelles portées contre lui par les États-Unis, qui ont annoncé des sanctions à son encontre.

Lors d’un point de presse, Fritz Jean a rejeté ces accusations et révélé des menaces de la part de deux ambassades, à cause des démarches en cours pour changer le gouvernement en place.

« Dès que nous avons commencé à examiner la possibilité de changer de chef de gouvernement, les membres du Conseil ont reçu des menaces d’annulation de visa et d’autres sanctions de la part du représentant de l’ambassade des États-Unis et de l’ambassadeur du Canada », a-t-il révélé.

Les diplomates avaient clairement fait savoir que « si nous ne renonçons pas à nos agissements, nous nous exposerons à des sanctions et à l’annulation de nos visas », a-t-il dit.

« Nous restons fermes dans la lutte contre la corruption, la mainmise de quelques individus sur l’État et les opérateurs impliqués dans le trafic de drogue et la prolifération des armes et des munitions ».



La communication officielle du gouvernement américain précise que tous les visas valides détenus par ce responsable seront révoqués.

Cette mesure s’inscrit dans la politique américaine mise en œuvre depuis octobre 2022, visant les individus ainsi que les membres de leur famille soupçonnés d’apporter un soutien financier ou matériel aux gangs opérant en Haïti.

Elle intervient dans un contexte de violences persistantes perpétrées par des gangs armés, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

La sanction contre le conseiller Fritz Alphonse Jean est annoncée à l’approche du 7 février, date d’expiration du mandat des neuf membres du Cpt.

Ce dernier a pour mission principale de permettre une transition vers un pouvoir élu à la date butoir du 7 février 2026.

Initialement prévue avant le 7 février 2026, l’organisation des élections présidentielles a été fixée au 30 août 2026, selon une proposition de calendrier électoral soumise le vendredi 14 novembre 2025 par l’institution électorale au Cpt.

Le contexte sécuritaire reste marqué par l’emprise croissante de gangs armés, opérant en toute impunité dans un pays qui n’a pas connu d’élections depuis 2016. [emb apr 25/11/2025 12:30]