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Haïti-R.D.-Droits humains : Mort d’une migrante haïtienne débranchée de force sous oxygène à l’hôpital La Pinta, un mois et demi après son accouchement en République Dominicaine

Par Ronald Colbert

Ouanaminthe (Haïti), 23 nov, 2025 [AlterPresse] --- La Plateforme genre du Nord-Est (d’Haïti) / Pgne dénonce la mort, le vendredi 21 novembre 2025, de la nourrice migrante haïtienne, Jésula Florvil, 31 ans, débranchée de force sous oxygène à l’hôpital La Pinta, le jeudi 20 novembre 2025, dans une note de protestations transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

« Le (jeudi) 20 novembre 2025, Jesula Florvil, 31 ans, originaire d’Ennery (département de l’Artibonite), a été illégalement déportée, alors qu’elle était sous oxygène à l’hôpital La Pinta, un mois et demi après son accouchement. Débranchée de force, transportée malgré sa faiblesse, elle a été remise à l’Office national de la migration (Onm), qui l’a référencée à la Pgne à son arrivée à Ouanaminthe. Transférée à la Clinique Univers, elle est décédée le (vendredi) 21 novembre 2025 ».

Organisation engagée dans la promotion des droits humains, la dignité des femmes et la lutte contre les violences basées sur le genre, la Plateforme genre du Nord-Est (Pgne), condamne, avec la plus grande fermeté, les pratiques inhumaines, cruelles et dégradantes perpétrées contre les femmes haïtiennes en République Dominicaine, particulièrement celles en situation de maternité, lors de leurs arrestations, détentions et déportations.



Depuis plusieurs mois, la Pgne affirme avoir documenté des cas profondément alarmants : femmes enceintes déportées de force vers la frontière haïtiano-dominicaine, femmes en travail d’accouchement transportées comme des criminelles, femmes ayant subi une césarienne renvoyée sans soins, femmes menottées ou enchaînées dans des hôpitaux, femmes privées d’oxygène ou de soins médicaux essentiels.

La Pgne s’élève contre la tragédie du décès de la migrante Jésula Florvil, débranchée de force sous oxygène dans un hôpital en République Dominicaine et décédée le 21 novembre 2025 suite à sa déportation arbitraire, malgré son faible état de santé, le jeudi 20 novembre 2025, à Ouanaminthe, sur la frontière commune avec Dajabón.

Elle pointe des actes racistes, discriminatoires et inhumains, mis en oeuvre par les autorités de la République Dominicaine contre les migrantes et migrants d’origine haïtienne.

« La dignité humaine n’a pas de frontière. La mort de Jesula Florvil ne doit pas rester un cas isolé. La Pgne appelle à une mobilisation urgente pour protéger les femmes haïtiennes ».

Elle plaide pour une enquête internationale sur les multiples cas de violations des droits des migrantes haïtiennes, notamment les femmes enceintes et/ou venant d’accoucher sur le territoire de la République Dominicaine.

La Pgne demande à la communauté internationale de reconnaître cette crise humanitairà, en faisant pression sur les autorités de la République Dominicaine, pour mettre fin à ces abus et violences sur les femmes migrantes d’origine haïtiennes, et en soutenant les organisations locales.

Elle appelle les autorités de la République Dominicaine à cesser immédiatement la politique de déportations de femmes enceintes ou en soins postnatals, à mettre fin à la pratique d’enchaîner des femmes en milieu hospitalier, à respecter les conventions internationales, auxquelles s’est engagée la République Dominicaine, et à collaborer avec les organisations humanitaires.

La Plateforme genre du Nord-Est (d’Haïti) / Pgne fustige l’inaction de l’État haïtien dans la problématique des migrantes et migrants en République Dominicaine,

Elle préconise la mise en place d’une cellule binationale de protection dees migrantes et migrants, la création d’un centre médical spécialisé pour les personnes déportées vulnérables ainsi qu’un renforcement de la présence consulaire en différents endroits en République Dominicaine. [rc apr 23/11/2025 10:00]

Photo d’archives – Unicef : Accès aux services sociaux de base en zone frontalière