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Genre/Élections : Lancement officiel d’une campagne nationale pour promouvoir la participation politique des femmes en Haïti

P-au-P, 13 nov. 2025 [AlterPresse] --- Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a procédé, le mercredi 12 novembre 2025, au lancement officiel d’une campagne nationale visant à sensibiliser et mobiliser autour de la participation des femmes haïtiennes dans la perspective des prochaines élections, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

« Pa gen demokrasi san fanm » (« Il n’y a pas de démocratie sans femmes »), a déclaré le chef du gouvernement, soulignant le rôle essentiel des femmes dans le renforcement de la démocratie haïtienne.

L’équipe au pouvoir a réaffirmé son engagement à promouvoir l’équité politique entre les femmes et les hommes.

Selon un communiqué du gouvernement, l’avant-projet du décret électoral prévoit des incitations financières pouvant atteindre trois milliards de gourdes, destinées à encourager la pleine participation des femmes à toutes les étapes du processus électoral.

Un bonus de 25 % de financement sera également accordé aux structures ayant réussi à faire élire plus de 50 % de femmes lors des prochaines élections générales.

Le gouvernement indique que 40 % du personnel recruté par le Conseil électoral provisoire (Cep) pour les bureaux électoraux départementaux et communaux sont des femmes.

Un quota minimal de 30 % de candidates est également exigé sur les listes législatives des partis politiques.

Les autorités encouragent les femmes à poursuivre leur engagement pour une représentation politique équitable.

« La place des femmes dans la gouvernance reste trop étroite », a reconnu le conseiller-président Frinel Joseph, dans un discours prononcé lors du lancement officiel de la campagne de sensibilisation à la participation des femmes haïtiennes au processus électoral.

Il a regretté que le silence féminin pèse encore trop lourd dans les instances de décision, en politique et dans les élections, appelant à un changement de cette réalité pour répondre à une exigence morale et démocratique, à une question de justice, de légitimité et de stabilité nationale.

« Car aucune nation ne peut prospérer en écartant la moitié de sa force vitale. Aucune démocratie ne peut s’épanouir quand les femmes sont absentes de la table où se prennent les grandes décisions. Pas de démocratie sans les femmes. »

Le Conseil présidentiel de transition (Cpt) s’est engagé à garantir la sécurité des candidats, à prévenir la violence politique fondée sur le genre et à promouvoir activement la parité dans les organes électoraux.

Depuis de nombreuses années, les femmes sont sous-représentées dans les postes électifs en Haïti.

Lors des dernières élections législatives de 2016, seulement trois femmes ont été élues à la Chambre des députés et une seule au Sénat.

Un quota minimal de 30 % de femmes à tous les postes de décision de la vie nationale, notamment dans les services publics, est reconnu depuis 2012 par la version amendée de la Constitution haïtienne de 1987 (article 17-1), mais il n’est pas réellement respecté.

Plusieurs organisations de femmes dénoncent comme obstacles à la participation politique des femmes l’absence de soutien financier et institutionnel aux candidates, les barrières socio-culturelles et une culture politique masculine et violente exercée à leur égard. [emb apr 13/11/2025 11 :10]