P-au-P, 12 nov. 2025 [AlterPresse] --- Le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) condamne les dérives de Justin Marc, actuel directeur général de la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), dans une correspondance adressée à l’inspecteur général en chef de la Police nationale d’Haïti (Pnh), Frédéric Leconte, en date du 11 novembre 2025, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.
Enquêtes orientées et falsification de rapports
Selon les informations recueillies par le Rnddh, Justin Marc orienterait les enquêtes à sa convenance, dénaturerait ou falsifierait les rapports d’enquête, avant leur transmission à la justice.
De telles pratiques entravent le bon fonctionnement de la Dcpj, fustige l’organisme de défense des droits humains.
Le Rnddh critique l’ingérence abusive du principal responsable de la Direction centrale de la police judiciaire dans des procédures judiciaires en cours, ainsi que sa permissivité envers des individus proches de gangs armés, déjà sanctionnés pour leur implication dans la crise sécuritaire sur le terrioire national.
Le comportement de Justin Marc, dans le traitement de dossiers liés au trafic de produits psychotropes, est également mis en cause, dans la lettre du Rnddh, transmise à l’inspecteur général en chef de la Police nationale d’Haïti.
Justin Marc est accusé de protéger certains agents du Bureau des affaires financières et économiques (Bafos) et de la Dcpj, impliqués dans le vol et le détournement d’objets saisis au nom de la justice.
Soupçons de corruption et autres faits jugés graves et préoccupants
Le Rnddh évoque des suspicions de pots-de-vin, reçus par la Dcpj, pour accélérer le traitement de dossiers de détenus.
Justin Marc agirait « totalement en dehors du cadre légal et procédural », compromettant ainsi l’intégrité de l’institution.
L’organisme de droits humains cite plusieurs faits « graves et préoccupants » depuis l’arrivée de Justin Marc à la tête de la Dcpj, le 18 août 2025, en remplacement du commissaire divisionnaire Pierre René François.
Ces dérives menaceraient la neutralité et la crédibilité de cette institution clé.
Le Rnddh dénonce l’immixtion de Justin Marc dans le dossier Anvayi Hôtel et RJ Rent a Car, sans délégation de pouvoir de la magistrate Fabienne Bien-Aimé.
Le 10 septembre 2025, un pot-de-vin de 10,000 dollars américains aurait été offert à la Dcpj, provoquant un tollé parmi les agents.
Visite controversée d’Arnel Bélizaire
Le Rnddh pointe la visite, à la Dcpj, de l’ancien député Arnel Bélizaire, le 25 septembre 2025, facilitée par ses relations avec Justin Marc et Berson Soljour.
Cette visite a été suivie d’un direct en compagnie de figures criminelles, telles que Jimmy Cherizier alias Barbecue et Christ-Roi Chéry alias Krisla, appelant à une révolution armée.
Autres dossiers mal gérés
Le Rnddh critique également la gestion du dossier de saisie de drogue sur l’île de La Tortue (Nord-Oiuest) et celui du journaliste Guerrier Henri.
Le Rnddh insiste sur la nécessité de protéger la Dcpj contre toute instrumentalisation politique ou personnelle, dans un contexte de perte de confiance envers les institutions publiques.
Il appelle l’inspecteur général en chef de la Pnh à enquêter sur la situation et à transmettre ses conclusions au directeur général de la Pnh et au ministre de la justice, pour un redressement immédiat. [emb apr 12/11/2025 13:15]
