P-au-P, 11 nov. 2025 [AlterPresse] --- Entre juillet et septembre 2025, au moins 400 personnes dont 340 femmes, 59 filles et un homme ont été victimes de violences sexuelles perpétrées par des gangs armés à Port-au-Prince, dans l’Artibonite et le Plateau central, selon un rapport trimestriel du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh) sur la situation des droits humains, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Quatre des victimes ont été tuées au cours de ces agressions sexuelles.
Le Binuh alerte sur le caractère alarmant de ces violences, majoritairement constituées de viols collectifs, souvent commis lors d’intrusions dans les habitations ou dans la rue.
En septembre, une adolescente de 17 ans a été violée collectivement sous la menace d’une arme par quatre membres de gangs ayant fait irruption dans son domicile à Simon Pelé (Cité Soleil), relate le document.
Le rapport signale également des cas d’exploitation sexuelle d’enfants dans le département de l’Artibonite, impliquant le gang Kokorat San Ras. 27 mineurs âgés de 13 à 17 ans seraient concernés.
Le 1er juillet 2025, une jeune femme de 22 ans a été contrainte de descendre d’un bus à Mariani (Gressier) par des membres de gangs, puis emmenée à Pandjanmen (Gressier), où elle a été séquestrée pendant deux jours.
Durant sa captivité, elle a été violemment battue et violée par plusieurs individus.
Son corps, criblé de balles, a été retrouvé le 3 juillet sur un tas d’ordures.
Selon plusieurs sources, elle aurait été ciblée à la suite d’une altercation avec un membre du gang.
Le Binuh souligne que ces violences sexuelles sont fréquemment utilisées comme outils d’exploitation, d’intimidation ou de représailles.
Certaines victimes en ressortent avec des grossesses non désirées ou des infections sexuellement transmissibles, dont le Virus de l’immunodéficience humaine (Vih). [emb apr 11/11/2025 15 :25]
