P-au-P, 22 oct. 2025 [AlterPresse] --- « Une nouvelle étape d’espoir » s’ouvre pour les Haïtiennes et Haïtiens, a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) et chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), Carlos Ruiz Massieu, devant le Conseil de sécurité de l’Onu, le mercredi 22 octobre 2025, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Cette déclaration, suivie par AlterPresse, intervient après l’adoption, par le Conseil de sécurité, de la Résolution 2793, autorisant la création d’une Force de répression des gangs (Gang suppression force – Gsf) et d’un Bureau d’appui des Nations unies en Haïti (Unsoh).
Ces nouvelles structures marquent, selon le responsable onusien, « un jalon clé pour renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité haïtiennes » et traduisent « l’engagement continu du Conseil de sécurité de l’Onu à soutenir la restauration de la sécurité en Haïti ».
Une dynamique porteuse d’espoir
Le chef du Binuh a souligné que cette décision a « ravivé un sentiment d’espoir parmi la population » et témoigne de la volonté du Conseil de sécurité de l’Onu « de continuer à accompagner le peuple haïtien dans sa quête de paix et de stabilité ».
Il a également salué le renouvellement du mandat du Comité des sanctions et de son Groupe d’experts, le 17 octobre 2025, estimant que « les sanctions demeurent un instrument crucial pour dissuader et mettre fin aux activités criminelles des acteurs déstabilisateurs ».
Ruiz Massieu a toutefois reconnu que, malgré ces avancées, la situation demeure dramatique. Les gangs armés conservent leur emprise sur Port-au-Prince et progressent dans plusieurs régions du pays.
Il a décrit « la brutalité de la réalité quotidienne en Haïti », marquée par des massacres, des déplacements massifs et « l’utilisation systématique de la violence sexuelle comme outil de domination et de terreur ».
Un avenir politique encore incertain
S’il salue la résistance du peuple haïtien, le représentant onusien se dit préoccupé par l’absence de cap politique clair.
« L’horloge de la transition tourne », a-t-il averti, rappelant que les actuelles dispositions transitoires prévoient le transfert du pouvoir à des élus légitimes au plus tard le 7 février 2026.
« Je suis préoccupé par le fait qu’aucune trajectoire solide ne semble encore se dessiner vers la restauration d’un gouvernement démocratiquement élu », a-t-il déclaré.
Tout en saluant la décision du 9 octobre 2025 du gouvernement haïtien de retirer de l’agenda la réforme constitutionnelle et d’abandonner le projet de référendum, il a appelé à « concentrer les efforts sur la préparation des élections et à éviter un vide politique après février 2026 ».
Trois priorités pour inverser la tendance
Carlos Ruiz Massieu a insisté sur la nécessité d’avancer simultanément sur trois fronts essentiels : « la sécurité, le processus politique et l’application des sanctions ». Selon lui, ces trois dimensions « sont indissociables pour restaurer la stabilité, mettre fin à l’impunité et reconstruire la démocratie ».
Il a exhorté les autorités à « protéger les communautés les plus vulnérables, en particulier les enfants », à « prévenir leur recrutement par les gangs » et à « rétablir une institution nationale chargée du désarmement, de la démobilisation et de la réinsertion ». Il a également plaidé pour un soutien international accru au système judiciaire afin de garantir l’accès à la justice pour les victimes de violences.
« Le moment est venu de traduire les engagements en progrès réels et de renverser la vague de violence », a-t-il conclu.
« Le peuple haïtien n’est pas seul. L’unité et la responsabilité collective demeurent essentielles pour bâtir un avenir de stabilité et de démocratie ». [apr 22/10/2025 20 :00]
