Artibonite (Haïti), 21 oct. 2025 [AlterPresse] --- Malgré l’envoi d’unités spécialisées et de véhicules blindés, la présence policière ne suffit toujours pas à contenir la violence dans le département de l’Artibonite, où les affrontements entre gangs armés, forces de l’ordre et groupes d’autodéfense se poursuivent, apprend l’agence en ligne AlterPresse.
Depuis plusieurs semaines, la tension reste vive dans plusieurs zones – notamment L’Estère, Chandelle, Bélanger, Marécage et Vérettes – où des groupes armés continuent de s’affronter pour le contrôle du territoire.
Le week-end écoulé, de violents affrontements ont opposé des gangs à des groupes d’autodéfense à Vérettes, rapporte le journaliste Placide Présentieux dans l’émission FwoteLide du 20 octobre sur AlterRadio.
Malgré les opérations conjointes menées par la Police nationale d’Haïti (Pnh), la Force de répression des gangs (Frg) dans le cadre de l’opération du 17 octobre, la situation demeure instable.
Les gangs conservent une forte capacité de nuisance, notamment autour de l’Hôpital Albert Schweitzer (Has), à Deschapelles, où la Frg affirme maintenir une présence sécuritaire permanente.
Cet établissement de 200 lits dessert environ 350,000 personnes dans la vallée de l’Artibonite.
Malgré le renforcement du dispositif sécuritaire autour des commissariats de Pont-Sondé et de Petite-Rivière de l’Artibonite, la route nationale reliant Pont-Sondé à Vérettes reste partiellement sous menace. Des groupes armés continuent d’y ériger des barricades et de lancer des cocktails Molotov depuis les hauteurs.
La coordination des opérations de sécurité a fait l’objet d’échanges, le 17 octobre, entre le gouvernement de transition, la Pnh, les Forces armées d’Haïti (Fad’H) et les représentants de la mission multinationale.
Le lendemain, le Conseil présidentiel de transition (Cpt) a rencontré l’ambassadeur américain Henry Wooster autour du calendrier de déploiement des forces internationales appelées à appuyer la Pnh dans la lutte contre les gangs.
Dans une note, la Frg a salué le renforcement de ses moyens, rappelant la livraison récente par les États-Unis de 20 véhicules blindés de transport de troupes (Apc), dont cinq déjà déployés dans l’Artibonite. La Frg, qui succède à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), dispose de 5,500 membres du personnel en uniforme et de 50 employés civils, selon la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’Onu adoptée le 30 septembre 2025.
Sur le terrain, la population continue de payer un lourd tribut. À Désarmes, « les trois quarts des habitants ont déjà quitté leurs maisons », rapporte un message reçu par AlterPresse. Des poches de la population tentent de résister, mais plusieurs blessés sont recensés et de nombreuses habitations incendiées.
« La situation à Vérettes se détériore de minute en minute. Nous avons besoin d’un renfort policier urgent pour éviter un scénario similaire à Mirebalais, Lachapelle ou Liancourt », alerte un autre message.
Selon l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), plus de 1,4 million de personnes – femmes, hommes, enfants et personnes âgées – ont été contraintes de fuir leurs domiciles entre 2023 et octobre 2025 en raison des violences armées.
L’Oim appelle la communauté internationale à intensifier son soutien financier et à contribuer à la création de conditions de sécurité durables dans les zones d’accueil, afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire. [apr 21/10/2025 17 :00]
Photo : FRG
