P-au-P, 1er octobre 2025 [AlterPresse] --- Les autorités de la transition, plusieurs pays étrangers ainsi que des organisations nationales et internationales ont vivement salué l’adoption, le mardi 30 septembre 2025, de la résolution du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) visant à déployer une force internationale de répression des gangs en Haïti, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
Considérations de l’équipe de transition en Haïti
Le Conseil présidentiel de transition (Cpt) salue également cette avancée.
« Le cri d’alarme, lancé à la tribune des Nations Unies sur l’urgence absolue de rétablir la sécurité en Haïti, a été entendu. Ce vote marque un tournant décisif dans la lutte contre les groupes criminels armés qui endeuillent nos familles, paralysent notre économie et menacent l’avenir de notre nation ».
Le Cpt rappelle combien le rétablissement de la sécurité est une condition indispensable pour assurer la libre circulation des personnes et des biens, permettre le retour des Personnes déplacées internes (Pdi), relancer les activités économiques et organiser, dans les meilleurs délais, des élections crédibles, inclusives et transparentes.
Il appelle tous les États membres de l’Onu à apporter un soutien sans faille à la mise en œuvre rapide et efficace de cette force, afin qu’elle devienne opérationnelle sans délai.
« Dans un contexte de violences armées, qui menacent la paix et la stabilité du pays, cette nouvelle force envoie un signal fort : Haïti n’est pas seul », a déclaré, sur le réseau social X, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Aux côtés de ses partenaires, le gouvernement affirme sa détermination à « briser l’emprise des gangs, rétablir l’autorité de l’État, sécuriser nos concitoyens et créer les conditions nécessaires à des élections libres, honnêtes et transparentes, afin de restaurer l’ordre constitutionnel ».
Le chef du gouvernement a exprimé sa profonde gratitude envers les États-Unis et le Panama, co-parrains de la demande de transformation de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti en une nouvelle force internationale.
Il a également remercié le « groupe de partenaires » ayant soutenu cette initiative, l’Organisation des États américains (Oea), la Communauté des Caraïbes (Caricom), ainsi que tous les membres du Conseil de sécurité de l’Onu ayant contribué à l’adoption de la résolution.
« Cette décision constitue une avancée majeure dans le partenariat entre la république d’Haïti et la communauté internationale, et confirme la solidarité constante de nos partenaires envers le peuple haïtien ».
Dans un communiqué, le gouvernement considère cette initiative comme un levier stratégique pour contenir la violence des gangs et protéger la population haïtienne.
Il réitère son engagement à coopérer pleinement avec cette force internationale et l’ensemble de ses partenaires, dans le respect absolu de la souveraineté nationale, afin de restaurer l’ordre, la sécurité et la confiance dans les institutions de l’État.
Fin du mandat de la Mmas le jeudi 2 octobre 2025
La nouvelle force remplacera la Mmas, déployée depuis juin 2024 en Haïti sous la direction du Kenya.
Confrontée à des difficultés logistiques et financières, la Mmas ne compte actuellement qu’environ 1,000 agents, sur les 2,500 prévus.
Elle demeure, jusqu’à présent (septembre 2025) incapable de lutter efficacement contre les gangs terroristes, qui continuent d’étendre leurs emprises sur le pays.
Entre janvier et juin 2025, plus de 3,000 personnes ont été tuées en raison de l’escalade des violences armées, contraignant plus de 1,3 million de personnes à fuir leurs domiciles depuis 2023.
Plaidoyer des États-Unis pour une force robuste et bien financée
La mission des États-Unis auprès des Nations unies estime crucial que cette nouvelle force atteigne plus de 5,000 membres, avec le soutien logistique du Bureau d’appui des Nations unies en Haïti.
Elle réitère son appel aux contributions volontaires, pour couvrir les frais de personnel.
« Toute solution durable à la crise sécuritaire en Haïti doit s’appuyer sur une stratégie, qui s’attaque aux causes profondes de l’insécurité et trace la voie vers une stabilité à long terme », souligne-t-elle.
La France salue l’adoption de la résolution 2793 comme une avancée nécessaire, pour vaincre les gangs criminels et rétablir l’État de droit.
Elle renouvelle son soutien à la nouvelle force et aux forces de sécurité haïtiennes dans leurs efforts pour restaurer la sécurité.
L’Oea considère cette résolution comme une étape essentielle vers le rétablissement de la paix et de la sécurité.
Elle souligne combien ces éléments sont fondamentaux pour faire progresser les priorités de la feuille de route pour Haïti : établir un cadre politique clair, soutenir des élections crédibles, acheminer l’aide humanitaire et favoriser un développement durable.
L’organisation hémisphérique affirme sa volonté de travailler avec ses partenaires, pour soutenir ce mandat et promouvoir des solutions durables pour Haïti et un avenir plus prometteur pour son peuple.
Mobilisation internationale urgente face à la crise sécuritaire en Haïti
Seule une action urgente et collective dans le domaine de la sécurité permettra d’enrayer le fléau des violences des gangs, estime, dans une déclaration, le groupe des ambassadeurs de la Caricom.
« Il s’agit d’une première étape cruciale vers la création de conditions favorables à la tenue d’élections, à l’acheminement durable de l’aide humanitaire, à la reconstruction des institutions et à l’établissement des bases du développement économique à long terme d’Haïti ».
La Caricom salue le soutien sans faille des dirigeants mondiaux, exprimé lors du récent débat général de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations unies.
« Ces objectifs cruciaux ne pourront être atteints que si la sécurité est rétablie en Haïti », déclare François Jackman, représentant permanent de la Barbade, au nom des quatorze États membres de la Caricom.
Il soutient que l’adoption de cette résolution constitue une mesure fondamentale face à l’urgence sécuritaire en Haïti.
La Caricom insiste sur la nécessité d’un financement durable et prévisible de la force par tous les partenaires internationaux, tout en renouvelant son appel à la capitalisation urgente du plan de réponse humanitaire pour Haïti à l’horizon 2025.
L’Organisation internationale de la Francophonie (Oif) considère l’adoption de la résolution 2793 (2025), transformant la Mmas en une force de répression des gangs, comme un premier pas vers une amélioration possible de la situation sécuritaire en Haïti.
L’Oif appelle à une mobilisation globale pour fournir les moyens nécessaires à une mise en œuvre rapide et efficace de cette force. [emb rc apr 1er/10/2025 12:30]
