Dans une déclaration rendue publique, le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (Rehmonco) dénonce la politique du gouvernement de transition, accusé de complaisance avec les gangs et de mépris envers les classes laborieuses, notamment à travers son refus d’ajuster le salaire minimum et de répondre aux revendications sociales.
Déclaration
Par le Regroupement des Haïtiens de Montréal contre l’Occupation d’Haïti (Rehmonco)
Transmis à AlterPresse le 28 septembre 2025
Beaucoup d’organisations de la société civile ont critiqué l’absence de volonté de l’État dans le rétablissement de la sécurité publique dans le pays. En effet, les exemples ne manquent pas.
Au cours des derniers mois, le pouvoir a préféré prioriser le paiement de groupes de mercenaires, au lieu de renforcer les forces régaliennes de l’État.
Par ailleurs, tandis qu’aucune disposition n’a été prise pour neutraliser les gangs armés, qui s’approprient des quartiers résidentiels, les autorités gouvernementales montrent un grand dynamisme pour défendre des groupes mafieux et/ou controversés, comme en témoignent les dossiers de Nènel Cassy, Alfredo Pierre Antoine, du scandale de la Banque nationale de crédit (Bnc), etc.
Toutefois, il est frappant de voir que très peu d’organisations ont dénoncé l’indifférence et le mépris du gouvernement pour les classes laborieuses. A titre d’exemple, le gouvernement a ignoré les revendications des enseignant.e.s grévistes des écoles publiques pendant toute l’année scolaire 2024-2025.
Le ministre de l’éducation Augustin Antoine a même osé déclarer, dans un cynisme sans nom, que l’école haïtienne est détruite. Ce même ministre n’a donné aucune suite aux revendications des enseignant.e.s-stagiaires, même après le drame du meurtre du talentueux écolier Wanderson Zamy le 18 août 2025.
Rappelons que l’écolier a été tué par les agents de la sécurité du Ministère de l’éducation nationale, qui n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur des enseignants qui manifestaient pacifiquement.
Mais, c’est surtout dans le dossier de l’ajustement du salaire minimu, que se manifeste, dans toute sa crudité, le profond mépris vis-à-vis des classes laborieuses.
Dans la législation haïtienne, il est formellement établi que l’État doit ajuster le salaire minimum à chaque fois que l’inflation dépasse le seuil de 10%.
Au cours des trois (3) dernières années, bien que l’inflation ait varié de 30 à 40% au rythme annuel, l’État haïtien fait obstruction à tout ajustement salarial pour les travailleuses et travailleurs des secteurs industriels et des services.
Cela fait au moins quatre mois que le Conseil supérieur des salaires (Css) a recommandé au gouvernement de fixer le salaire minimum à la modique somme de 950.00 gourdes.
Ce montant ne prend pas en compte le niveau de l’inflation actuelle, mais le Conseil présidentiel de transition (Cpt) et le gouvernement d’Alix Didier Fils-Aimé refusent d’obtempérer.
Certes, il est dans la tradition de l’État haïtien de ne pas accepter d’ajuster le salaire des travailleuses et travailleurs. Mais, aujourd’hui, ce qui rend ce refus particulier, c’est qu’il vient d’une coalition gouvernementale réunissant une certaine gauche et la droite néoduvaliériste, coalition qui met en place toute une politique de répression des classes laborieuses au profit de certaines franges de la bourgeoisie haïtienne.
Forts de ce constat, nous dénonçons et condamnons avec véhémence la politique antipopulaire du gouvernement de transition qui, d’un côté, tergiverse avec des gangs criminels et des réseaux mafieux, et de l’autre, punit les classes laborieuses.
À quelques jours de la fin de l’année fiscale 2024-2025, le gouvernement a l’obligation de satisfaire immédiatement les revendications des enseignantes et enseignants des écoles publiques et de fixer le salaire minimum à 2,500.00 gourdes pour une journée de travail, comme le réclament les syndicats du secteur industriel.
Pour authentification,
Renel Exentus, Frank W. Joseph
Montréal, le 28 septembre 2025
Contact : rehmoncohaiti1915@gmail.com
