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Haïti, la crise la plus grave dans l’hémisphère occidental aujourd’hui, selon le chargé d’affaires américain Henry Wooster

P-au-P, 25 sept. 2025 [AlterPresse] --- Le chargé d’affaires des États-Unis d’Amérique en Haïti, Henry Wooster, considère la crise haïtienne comme la plus grave de l’hémisphère et presse la communauté internationale d’agir contre les gangs armés afin d’empêcher Haïti de sombrer dans l’anarchie.

« Nous avons besoin d’une Haïti stable », a déclaré le diplomate lors d’une conférence de presse tenue le mercredi 24 septembre 2025, suivie par l’agence en ligne AlterPresse.

« Il en va de l’intérêt des États-Unis d’avoir une Haïti stable. Nous ne voulons pas voir l’anarchie triompher sur l’État. Et c’est précisément ce qui est en jeu ici : la lutte pour la survie d’une entité souveraine, l’État haïtien, face à l’anarchie et aux gangs », a-t-il poursuivi en faisant le point sur les priorités de la politique étrangère des États-Unis en Haïti, les résultats attendus et les prochaines étapes.

Véritables menaces pour l’État en Haïti, les gangs Viv Ansanm et Gran Grif, responsables de viols, de pillages, de meurtres et d’incendies, ont été désignés comme organisations terroristes étrangères par les États-Unis, rappelle Wooster.

Pour faire face à cette crise, les autorités américaines cherchent à faire adopter un projet de résolution au sein du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu).

Celui-ci prévoit la création d’un bureau d’appui logistique des Nations unies en Haïti, ainsi qu’un mandat renforcé pour augmenter les effectifs de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), en passant d’une mission de soutien de 1,000 agents à une force de répression de 5,500 membres, souligne-t-il.

« L’enjeu est la sécurité […] L’adoption immédiate de cette résolution est cruciale. C’est pourquoi elle met l’accent sur la stabilité et la sécurité », insiste Wooster.

« Aucune autre crise dans l’hémisphère occidental n’est aussi grave que celle d’Haïti », relève Wooster, estimant que l’adoption du projet de résolution par le Conseil de sécurité de l’Onu est importante.

Soumis le 28 août 2025 au Conseil de sécurité par les États-Unis et le Panama, le projet de résolution vise à transformer la Mmas, dirigée par le Kenya, en une véritable force de répression des gangs de 5,550 membres, avec un mandat élargi pour mener des opérations ciblées contre les groupes armés.

Ce mandat permettrait à la Force de répression des gangs d’agir de manière plus offensive et de soutenir durablement la Police nationale d’Haïti (Pnh) ainsi que les efforts des autorités haïtiennes, selon Wooster.

« Il nous faut un mandat plus robuste, plus musclé, et la liberté de manœuvre nécessaire pour traquer les gangs armés et les combattre », affirme-t-il.

Un bureau de soutien onusien, chargé de la logistique, est également jugé essentiel.

La logistique comme les blindés, les véhicules, les capacités de déplacement et d’acheminement du matériel pour établir des bases opérationnelles avancées, a constitué un obstacle majeur pour la Mmas, souligne Wooster.
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Un État doit pouvoir affirmer son autorité dans des lieux stratégiques comme les aéroports, les ports maritimes, les carrefours routiers clés ou les centrales électriques, afin d’établir sa souveraineté, ajoute-t-il.

Les pays, en particulier ceux de la région, sont appelés à contribuer en envoyant policiers ou militaires au sein de la Force de répression des gangs, qui sera financée par des contributions obligatoires, et non plus uniquement par le gouvernement américain.

Face à la dégradation accélérée de la situation sécurité en Haïti, le conseiller et ancien coordonnateur des actions du Conseil présidentiel de transition (Cpt), Fritz Alphonse Jean, a vertement critiqué l’attitude du premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé qu’il accuse de refuser de rendre des comptes, tant au Cpt qu’à la Nation.

Dans une correspondance, en date du 23 septembre 2025, adressée aux membres du Cpt, Fritz Alphonse Jean a dénoncé l’absence de résultats et le silence du chef du gouvernement face à l’escalade des atrocités en Haïti.

Il évoque le blocage prolongé des principales routes nationales, les tueries de civils perpétrées par drones, la recrudescence du phénomène de kidnapping, ainsi que la poursuite de crimes odieux commis par des bandes armées à travers le pays. [emb gp apr 25/09/2025 12:20]