P-au-P, 11 sept. 2025 [AlterPresse] --- Le représentant par intérim d’Haïti auprès de l’Organisation des États américains (Oea), Jean Josué Pierre demande au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) d’’agir sans délai pour résoudre la crise sécuritaire dans le pays.
Il a fait cette demande lors la présentation de la déclaration conjointe des Etats membres de l’Oea appelant à une action coordonnée des Nations Unies à l’appui de la Feuille de route de l’Oea pour Haïti, et suivie par AlterPresse.
Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti, marquée par la recrudescence des actes criminels perpétrés par les gangs, il exhorte le Conseil de sécurité à intervenir en considérant l’urgence de l’heure.
« Chaque jour d’attente alourdit le bilan humain et affaiblit un peu plus nos institutions. Chaque jour d’inaction permet aux gangs de consolider leurs pouvoirs, d’étendre leur influence et de s’inclure davantage dans le tissu social. Nous n’avons pas le luxe d’attendre ».
Jean Josué Pierre invite à donner à Haïti, dans un cadre strictement défini par ce Conseil de sécurité de l’Onu, les moyens d’une stabilisation indispensable, tout en évitant de substituer la communauté internationale à l’État haïtien.
La transformation de la Mission multinationale d’appui à la sécurité en une force de répression des gangs « n’est pas une option, c’est une nécessité vitale », déclare-t-il.
« Sans sécurité, il n’y aura pas d’élection crédible ».
Il estime que « sans sécurité, Haïti restera prisonnière d’un cycle de violence qui continuera d’hypothéquer son avenir ».
L’adoption rapide du projet de résolution et sa mise en œuvre immédiate, enverront un signal clair, affirme-t-il.
Le représentant par intérim d’Haïti auprès de l’Oea félicite le secrétaire général de l’Oea, Albert Ramdin, qui, dit-il, met tout mettre en œuvre pour aider Haïti.
Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, le Brésil, le Canada, les États-Unis, Haïti, ainsi que plus d’une vingtaine d’autres États membres de l’Oea, exhorté l’Onu à appuyer la feuille de route visant à restaurer la sécurité, renforcer les institutions et s’attaquer aux causes profondes de la crise haïtienne, dans une déclaration conjointe signée le 9 septembre 2025 à Washington (Etats-Unis).
L’Oea demande à l’Onu de soutenir sa feuille de route
Dans une note, Albert Ramdin, souhaite l’adoption unanime, dans les plus brefs délais, par le Conseil de sécurité des Nations unies, d’une résolution en soutien à la feuille de route de l’Oea pour Haïti.
« Les Amériques sont prêtes à aider Haïti à progresser vers la paix, la stabilité et la prospérité. J’attends avec intérêt l’adoption unanime de la résolution sur Haïti au Conseil de sécurité des Nations unies », a-t-il écrit sur le réseau X.
« Depuis ma récente prise de fonctions, j’ai eu de nombreuses conversations avec des dirigeants des Amériques et des États membres de l’Oea au sujet d’Haïti. Je peux affirmer, sans hésitation, avoir été personnellement témoin d’un engagement sincère et indéfectible à soutenir le peuple haïtien en ce moment critique », a déclaré Ramdin.
Il salue également les efforts déployés au sein du Conseil de sécurité des Nations unies pour assurer le déploiement rapide d’une nouvelle force chargée de combattre les gangs armés.
Selon le secrétaire général de l’Oea, l’ensemble du continent reconnaît que le rétablissement de la sécurité en Haïti constitue une étape urgente et indispensable, sans laquelle aucune autre forme de soutien - qu’il soit politique, économique ou humanitaire - ne pourra aboutir.
Les États membres de l’Oea, en collaboration avec les Nations unies, la Communauté des Caraïbes (Caricom) et les autorités haïtiennes, poursuivent un objectif commun : aider le peuple haïtien à reconstruire des institutions solides, rétablir la sécurité et jeter les bases d’un développement durable, rappelle Albert Ramdin.
La feuille de route pour Haïti incarne une approche consensuelle et tournée vers l’avenir, indispensable pour sortir le pays de la crise, avance-t-il.
Cet engagement a été réaffirmé par la résolution adoptée par consensus lors de la récente Assemblée générale tenue à Antigua-et-Barbuda, qui appelle à des solutions urgentes et concrètes face à la grave crise institutionnelle et sécuritaire que traverse Haïti.
Ramdin souligne que cette initiative s’inscrit dans la longue tradition de soutien des États membres de l’Oea aux efforts multinationaux en Haïti.
Les démarches actuellement en cours au Conseil de sécurité des Nations unies « s’inscrivent dans cette même dynamique et représentent une occasion essentielle de démontrer cohésion, coordination et détermination », insiste-t-il. [emb apr 11/09/2025 15:10]
