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L’Onu débloque 9 millions de dollars pour faire face à la crise humanitaire en Haïti

P-au-P, 10 sept. 2025 [AlterPresse] --- L’Organisation des Nations unies (Onu) a alloué une enveloppe de 9 millions de dollars américains (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 154.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 95.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui), provenant du Fonds central d’intervention d’urgence (Cerf), afin de répondre à la crise exacerbée par les violences des gangs armés et les déplacements forcés de personnes en Haïti, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

L’annonce a été faite, le mardi 9 septembre 2025, par le chef des affaires humanitaires de l’Onu et coordonnateur des secours d’urgence, le diplomate britannique Tom Fletcher (Thomas Stuart Francis Fletcher, né le 27 mars 1975), en visite en Haïti du lundi 8 au mercredi 10 septembre 2025.

Ce financement vise à permettre à l’Onu et à ses partenaires d’intensifier leur aide vitale aux personnes les plus vulnérables, notamment celles ayant fui leurs domiciles et leurs communautés d’accueil dans les départements du Plateau central et de l’Artibonite, a précisé Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, lors d’un point de presse le même jour.

Ce soutien du Cerf est complété par une allocation de 4 millions de dollars du Fonds humanitaire régional commun pour l’Amérique latine et les Caraïbes.

Le fonds régional a également débloqué 500,000.00 dollars pour les efforts de préparation aux ouragans.

À ce jour, seuls 105 millions de dollars ont été reçus sur les 908 millions requis dans le cadre de l’appel humanitaire pour Haïti.

« Les besoins sont immenses, tandis que les financements sont au plus bas. Nous devons nous efforcer de protéger des vies et de redonner espoir », a déclaré Tom Fletcher dans un message publié sur le réseau social X.

Selon l’Onu, près de 6 millions de personnes - soit la moitié de la population haïtienne - ont un besoin vital d’aide cette année 2025.

Plus de 8,400 Haïtiennes et Haïtiens souffrent déjà de conditions proches de la famine.

Depuis mars 2025, l’intensification des attaques armées a entraîné des déplacements massifs et l’effondrement des services essentiels dans le Plateau central et l’Artibonite.

La population fait face à de graves pénuries de nourriture, d’eau, d’abris, de soins de santé, d’assainissement et de protection, alertent les Nations unies.

Plus de 1,3 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays - un chiffre record en Haïti, attribué à la terreur imposée par les gangs armés.

Beaucoup de ces familles déplacées vivent désormais dans des conditions extrêmement précaires, notent les agences humanitaires.

Les personnes déplacées particulièrement exposées aux violences sexistes

Le vendredi 5 août 2025, Stéphane Dujarric a tiré la sonnette d’alarme sur les niveaux alarmants de violences sexistes qui touchent particulièrement les personnes déplacées.

Entre janvier et juillet 2025, plus de 6,200 incidents ont été signalés par les prestataires de services.

Près de la moitié étaient des cas de viols, dont 62 % auraient été perpétrés par des groupes armés.

Un peu plus de la moitié des violences sexistes concernaient des personnes déplacées.

Les femmes adultes sont les plus touchées, mais une survivante sur sept est une fille de moins de 18 ans, selon les données de l’Onu.

« Seul un quart des survivantes de viols ont pu accéder à des soins médicaux dans le délai critique de 72 heures », a déploré le porte-parole du secrétaire général de l’Onu.

Cette situation s’explique notamment par l’insécurité généralisée, la stigmatisation liée aux violences sexistes et le manque d’établissements de santé dans de nombreuses zones.

« Le sous-financement chronique, combiné à de graves contraintes d’accès, prive la grande majorité des survivantes des soins dont elles ont besoin et qu’elles méritent », a-t-il ajouté.

Sur les 19 millions de dollars nécessaires pour prévenir et répondre aux Violences basées sur le genre (Vbg) en Haïti, l’Onu et ses partenaires n’ont reçu que 18 %, soit un peu plus de 3 millions de dollars.

Stéphane Dujarric a insisté sur « l’urgence d’un soutien accru pour étendre les services aux zones mal desservies et protéger les femmes et les filles contre ces crimes odieux ». [emb rc apr 10/09/2025 10 :45]

Photo : Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha)