P-au-P, 09 sept. 2025 [AlterPresse] --- Le gouvernement haïtien exprime son soutien au projet de résolution visant à transformer la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en une force de répression des gangs en Haïti, dans une note consultée par AlterPresse.
Cette transformation constituerait, selon le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, « un atout majeur pour permettre à Haïti d’organiser des élections démocratiques dans les meilleurs délais, renforçant ainsi la gouvernance et la légitimité des institutions ».
Il s’est exprimé à ce sujet lors de sa participation, le mardi 9 septembre 2025, par visioconférence, à une réunion de haut niveau avec le Conseil de sécurité des Nations unies.
Le chef du gouvernement considère cette évolution, attendue par la population haïtienne, comme « un pas décisif pour soutenir l’autorité de l’État, protéger les communautés et contribuer à la stabilité nationale et régionale ».
« L’adoption et la mise en œuvre rapide de ce projet de résolution traduiront la volonté collective de la communauté internationale de soutenir le peuple haïtien dans son aspiration légitime à la sécurité, à la paix, à la dignité et à la démocratie », a-t-il ajouté.
Face à l’ampleur des défis sécuritaires auxquels est confronté le pays, le premier ministre appelle à des réponses adaptées.
Le gouvernement haïtien exprime sa profonde reconnaissance au Conseil de sécurité des Nations unies pour l’attention portée à la situation du pays et pour son engagement constant en faveur de la stabilité, de la paix et du processus démocratique en Haïti.
Dans une note officielle, la Communauté des Caraïbes (Caricom) a également encouragé l’adoption du projet de résolution présenté au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), visant le déploiement d’une force de sécurité renforcée en Haïti.
Cette initiative apporterait « une lueur d’espoir et la promesse d’un soulagement au peuple haïtien », souligne la Caricom.
Le projet de résolution, déposé le jeudi 28 août 2025 par les États-Unis et le Panama, prévoit une assistance sécuritaire supplémentaire, demandée par Haïti et recommandée par le secrétaire général de l’Onu, António Guterres.
Il propose la mise en place d’une « force de lutte contre les gangs » dotée d’un effectif maximal de 5,500 membres et d’un mandat robuste, destinée à remplacer la Mmas.
Il prévoit également la création d’un Bureau d’appui des Nations unies en Haïti pour accompagner cette nouvelle force.
Actuellement confrontée à un manque de financement, la Mmas ne compte que moins de 1,000 membres sur le terrain, alors qu’elle devrait en déployer 2,500, policiers et militaires.
Entre-temps, les gangs armés continuent de semer la terreur dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ainsi que dans plusieurs communes des départements du Plateau central et de l’Artibonite.
Les violences perpétrées par ces groupes criminels ont causé la mort d’au moins 3, 141 personnes entre le 1er janvier et le 30 juin 2025, et contraint plus d’un million de personnes à se déplacer. [emb rc apr 09/09/2025 12:55]
