P-au-P, 09 sept. 2025 [AlterPresse] --- Nommés par arrêté en date du 5 août 2025, les membres du Comité national haïtien pour la restitution et la réparation (Cnhrr) sont officiellement entrés en fonction le lundi 8 septembre 2025, observe l’agence en ligne AlterPresse.
C’est Laurent Saint-Cyr, coordonnateur des actions au sein du Conseil présidentiel de transition (Cpt), qui a procédé à la remise officielle des ampliations aux 21 membres du comité, lors d’une cérémonie tenue à la Villa d’Accueil, siège des autorités de la transition, à Musseau (secteur est de Port-au-Prince).
Cette entrée en fonction du Cnhrr, institué par arrêté présidentiel en date du 17 avril 2025 (200 ans après l’ordonnance de Charles X le 17 avril 1825 contre Haïti), intervient à un moment historique, souligne Saint-Cyr.
Dans son allocution, il a salué cette décision historique de la France ainsi que les efforts du président Emmanuel Macron, qu’il considère comme un pas significatif vers une reconnaissance officielle de cette dette morale et matérielle.
Adoptée le jeudi 5 juin 2025, la résolution de l’Assemblée nationale française a demandé officiellement à l’État français de reconnaître l’injustice historique, infligée à Haïti, et d’envisager des mesures concrètes de restitution.
« Réparer, c’est reconnaître l’injustice et admettre les blessures laissées par un système inhumain dont les cicatrices nourrissent encore les inégalités », a déclaré Saint-Cyr.
Il a souligné, auprès des membres, la « responsabilité historique sans précédent », qui leur incombe : celle de rappeler au monde combien la justice réparatrice n’est pas un luxe, mais une nécessité.
Les principales missions du Cnhrr
Conformément à l’arrêté du 17 avril 2025, le comité est chargé de concevoir et de déployer la stratégie diplomatique nationale en matière de réparation, en coordination avec les plus hautes instances de l’État.
Il doit également constituer une documentation scientifique et juridique irréfutable sur l’impact multidimensionnel de la dette coloniale sur la trajectoire nationale.
Parmi ses autres missions, figurent l’orchestration d’une mobilisation citoyenne et internationale autour de cette cause jugée « juste et légitime » par le Cpt, ainsi que la création d’alliances stratégiques durables avec les partenaires régionaux et internationaux d’Haïti, notamment au sein de la Communauté des Caraïbes (Caricom), et des instances multilatérales compétentes.
Le Conseil présidentiel de transition réaffirme son engagement à accompagner le Cnhrr dans cette dynamique et à collaborer avec les partenaires internationaux, pour transformer cette aspiration en réalité.
Il appelle à une mobilisation collective et à une solidarité renouvelée entre les peuples, en vue de bâtir un monde plus juste, plus équitable et profondément respectueux des droits humains.
Le Cpt exhorte les membres du comité à servir cette cause avec rigueur, en posant des actions guidées par l’excellence, animées par la rigueur scientifique et inspirées par un amour inconditionnel de la patrie.
Des conseillers-présidents, plusieurs membres du gouvernement, des représentants de la société civile, du monde académique et diverses personnalités ont assisté à la cérémonie d’investiture des membres du Cnhrr.
Rattaché au Rectorat de l’Université d’État d’Haïti (Rueh), le Comité national haïtien pour la restitution et la réparation est appelé à appuyer la partie haïtienne de la commission mixte franco-haïtienne d’historiens, chargée d’examiner l’indemnité imposée par la France à Haïti en 1825, en échange de la reconnaissance de son indépendance.
Cinq mois après la création de la commission mixte franco-haïtienne sur la dette de l’indépendance, la partie haïtienne demeure incomplète
Cinq mois après la création de cette commission mixte, la partie haïtienne n’est toujours pas constituée. Ce qui retarde l’avancement des travaux historiques et symboliques liés à ce dossier.
La commission est co-présidée par l’historien français Yves Saint-Geours et l’historienne haïtienne Gusti-Klara Gaillard Pourchet.
L’arrêté nommant cette dernière co-présidente de la partie haïtienne a été publié dans le journal officiel « Le Moniteur », le vendredi 8 août 2025.
Ce document, signé par Fritz Alphonse Jean, a été rendu public moins de 48 heures avant son départ de la coordination du Cpt. [emb rc apr 09/08/2025 10:45]
