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Haïti : Mise en garde du parti politique Unir contre l’appel au retour des familles déplacées, lancé par les gangs

Par Marie Farah Fortuné

P-au-P, 05 sept. 2025 [AlterPresse] --- Les familles déplacées, par la terreur et d’autres violences des gangs, doivent se méfier de l’appel au retour et à la paix, lancé par Jimmy Chérizier alias « Barbecue », porte-parole de la coalition criminelle Viv Ansanm, avertit le parti politique Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (Unir).

Cet appel de gangs ne constitue, en rien, une avancée vers la résolution des problèmes, met en garde Clarens Renois, coordonnateur du parti politique Unir, lors d’une intervention à l’émission FwolteLide, suivie par AlterPresse.

Le parti politique Unir appelle à l’adoption, en amont, de décisions politiques.

Considérant urgent de mettre en place des mesures concrètes, le parti politique Unir déplore le silence des autorités gouvernementales face à cette manœuvre criminelle des gangs.

« Même si les personnes déplacées vivent dans des conditions difficiles, elles ont pu constater les désastres, les catastrophes, le cataclysme et divers types d’atrocités, perpétrés par les gangs dans plusieurs zones et quartiers, qu’elles sont allées visiter ».

Le parti politique Unir insiste sur la nécessité d’un accompagnement de l’État pour tout retour des Personnes déplacées internes (Pdi) dans les quartiers.

« Il ne peut y avoir de paix sans désarmement, ni justice, ni réparations ».

Le parti politiqiue Unir appelle également à identifier et neutraliser les fauteurs de troubles, à mettre en œuvre des politiques publiques ciblées pour la jeunesse et à réorganiser les espaces urbains.

« L’État doit reprendre le contrôle des territoires, offrir aux jeunes d’autres perspectives de vie. Une présence massive des forces de l’ordre est indispensable, pour garantir que les bandits ne puissent point revenir ».

Le parti politique Unir souligne aussi l’importance d’accompagnements économiques, qui devraient permettre à la population de reconstruire les quartiers dans de meilleures conditions, avec un accès aux services de base, commee l’électricité, l’eau potable et les routes.



Malgré l’appel à la paix, lancé par le chef de gang terroriste Jimmy Chérizier, plusieurs familles déplacées, originaires de Solino, Nazon et Delmas 2, hésitent à retourner dans les quartiers, que les gangs les ont forcés à fuir.

Le samedi 30 août 2025, la Police nationale d’Haïti (Pnh) a appelé la population à faire preuve de prudence, en ne répondant qu’aux signaux officiels, afin d’éviter de servir de boucliers humains pour les gangs armés.

Rappelant combien même les policiers nationjaux ne peuvent pas envisager de retour dans les quartiers, sans garanties de sécurité, de justice et de réparations, le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17) a dénoncé des « manipulations et manœuvres démagogiques de la colation criminelle de gangs », dans une alerte sur son compte X.

Pourtant, dès le mois de juin 2025, le regroupement de différentes organisations sociopolitiques en Haïti, dénommé Front patriotique populaire (Fpp), avait évoqué l’idée d’un dialogue ciblé avec les commanditaires des gangs.

Par ailleurs, le jeudi 28 août 2025, les gouvernements des États-Unis d’Amérique et du Panama ont plaidé, à New York, lors d’une réunion au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), en faveur de la mise en place d’une force de répression des gangs et d’un bureau d’appui logistique pour la Pnh.

Il s’agirait de la première prise de position claire et ouverte de l’administration politique de Donald Trump sur la situation en Haïti, estime le parti politique Unir, la qualifiant d’ « une évolution positive ».

Les gangs armés ont démontré leur puissance de feu et leur détermination, défiant ouvertement la police nationalde, tandis que la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti n’a rien résolu depuis leur déploiement fin juin 2024, avance-t-il. [mff emb rc apr 05/09/2025 15:50]