Par Charilien Jeanvil
P-au-P, 29 août 2025 [AlterPresse]--- Le Ministère du commerce et de l’industrie (Mci) a lancé officiellement, ce vendredi 29 août 2025 à Pétion-Ville, le Programme de Redynamisation des secteurs Couture et Cordonnerie, lors d’une cérémonie à laquelle a assisté AlterPresse.
Cette initiative, bénéficie d’une enveloppe avoisinant 30 millions de gourdes. (Ndlr : US $ 1,00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 153.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui).
Elle illustre la volonté du Mci de favoriser la création d’emplois en Haïti et de valoriser le savoir-faire local, a expliqué Panel Paulémont, directeur général du Ministère du commerce et de l’industrie.
Il a présenté le programme comme « un choix d’avenir prouvant que le Mci croit en l’ingéniosité de nos artisan.e.s ».
Le projet s’articule autour de plusieurs axes stratégiques : le renforcement des capacités techniques et managériales d’environ 3 000 ateliers, la mise en place d’un fonds de crédit destiné à plus de 1 000 ateliers, la promotion du savoir-faire local ainsi qu’un plaidoyer en faveur de la consommation des produits fabriqués en Haïti.
Panel Paulémont voit dans ce programme une occasion de promouvoir l’industrie haïtienne, dans un contexte difficile marqué par de graves défis. Il a déploré la fragilité des entreprises, la précarité du marché de l’emploi, l’invasion des produits importés et le manque d’accès aux équipements. Selon lui, il s’agit de « rêver grand et de transformer les défis en opportunités ».
Le ministre du commerce et de l’industrie, James Monazard, a mis en avant la dimension culturelle de la couture et de la cordonnerie, soulignant que ces secteurs « portent l’empreinte de nos histoires, nos luttes et notre fierté ».
Il conçoit ce programme comme une ode à l’identité haïtienne et un hymne à la grandeur nationale.

« Ce programme inclut une vision audacieuse : celle d’une Haïti économique et souveraine où l’artisan.e, travailleur ou travailleuse acharné.e, devient le moteur du développement durable. »
Ce projet, qui doit s’étendre sur cinq ans dans tout le pays, se veut « un défi à l’adversité », a poursuivi James Monazard.
Parmi ses objectifs : accroître les opportunités, renforcer l’autonomisation des familles et stimuler la production locale.
Le Mci a recensé seulement 13 écoles de couture et 9 écoles de cordonnerie en activité dans le pays. Le ministre a plaidé pour la formalisation de ces établissements afin de favoriser l’émergence de ces filières.
Un booster pour le secteur créatif ?
Le secteur de la création figure parmi les plus durement touchés par la crise multidimensionnelle qui secoue le pays.
Les petites et moyennes entreprises sont particulièrement éprouvées, a indiqué Dikel Delvariste, directeur général de l’Institut national de la formation professionnelle (Infp).
« Ce projet représente un investissement dans la créativité, l’autonomie et la résilience », a-t-il déclaré, saluant par ailleurs la reconnaissance des compétences des artisan.e.s.
Le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, représenté par son directeur de cabinet Axene Joseph, a salué « un acte de résistance, de fierté nationale et un investissement dans l’avenir du pays ».
Il estime que ce programme arrive à point nommé. Il a assuré que le Conseil présidentiel de transition et le Gouvernement se donnent pour mission de relancer l’économie nationale.
Valorisation de nos métiers ?

La médiatrice spéciale du travail de l’industrie de la confection, Dithny Joan Raton, a félicité le Mci pour cette initiative, qu’elle voit comme « le symbole d’un engagement en faveur de la promotion de l’intérêt national et de la valorisation de nos métiers, incarnant un patrimoine vivant ».
Elle a exhorté les différents protagonistes à unir leurs forces pour garantir la réussite de ce programme, jugé « essentiel dans la construction de l’avenir du pays ». [cj gp 29/08/2025 18 :00]
