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Haïti-Criminalité : Retourner vivre à Solino et dans d’autres quartiers sous le contrôle des gangs, à quel prix ?

Malgré l’appel à la paix lancé par le chef du gang Viv Ansanm, Jimmy Chérizier, alias Barbecue, les familles déplacées de Solino, Nazon et Delmas 24 restent prudentes et hésitent à regagner leurs maisons pillées.

P-au-P, 26 août 2025 [AlterPresse] --- Plusieurs familles déplacées, qui résidaient dans les quartiers de Solino, Nazon (Port-au-Prince) et Delmas 24, hésitent à y retourner, malgré un appel à la paix lancé par le chef de la coalition terroriste criminelle Viv Ansanm, Jimmy Chérizier, alias Barbecue, selon les témoignages recueillis par l’agence en ligne AlterPresse.

« Ils (les gangs) nous ont dit que nous pouvions rentrer chez nous, mais sans policiers. Je suis allé constater les dégâts. Tout a été pillé, même les portes de ma maison ont été volées », témoigne un ancien résident de Solino, ayant participé à une marche organisée le dimanche 24 août 2025, visant à réclamer le retour des familles déplacées dans leurs demeures.

Un plan macabre se cache derrière cet appel de gangs, reste convaincue cette personne déplacée, qui exprime son scepticisme face à la promesse de paix du chef de gang, qui refuse la présence de policiers nationaux dans la zone.

Plusieurs habitantes et habitants, réfugié.e.s depuis plus de huit mois dans des camps de fortune, répartis notamment à Bourdon, préfèrent attendre l’évolution de la situation, avant d’envisager un éventuel retour.

Le dimanche 24 août 2025, une centaine de manifestantes et manifestants, dont d’anciennes résidentes et d’anciens résidents de Solino, Nazon, Delmas 24 et 30, ont organisé une marche.... Objectif : exprimer leur volonté de regagner leurs quartiers, après avoir été contraint.e.s de fuir les assauts des gangs armés de Viv Ansanm, basés au Bas-Delmas et à Bel-Air.

En signe de paix, elles et ils ont défilé de Bourdon jusqu’au carrefour des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince, avant de tenter une visite risquée dans leurs anciens domiciles, sous escorte de bandits lourdement armés contrôlant ces zones sous les ordres de Jimmy Chérizier.

Coup de théâtre, tentative de manipulation voire une manœuvre démagogique, estime le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17)

Dans une note, le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17) dénonce cet appel à la paix comme un coup de théâtre, une tentative de manipulation voire une manœuvre démagogique.

La colaition de gangs terroristes exigerait le retour des citoyennes et citoyens dans des zones non reconstruites, toujours sous leur contrôle criminel, et où la terreur et d’autres actes de criminalité restent omniprésents, fait-remarquer le Spnh-17.

Le syndicat rappelle combien les policiers et personnels administratifs de la Pnh, eux-mêmes victimes de cette insécurité programmée, ne peuvent pas revenir chez eux sans justice, réparations et garanties de sécurité.

Le Spnh-17 exhorte les autorités à lancer des opérations sérieuses et ciblées contre les gangs armés, et à fournir à la Pnh les ressources nécessaires pour rétablir une paix durable dans les zones occupées.

Les personnes déplacées de Solino, Nazon, Delmas 24 et Delmas 30 ont organisé plusieurs manifestations pour exiger des actions concrètes des autorités.

Le dimanche 13 juillet 2025, elles avaient déjà investi les rues de Delmas et Christ-Roi, pour dénoncer l’inaction gouvernementale face aux gangs.

Depuis plusieurs mois, les gangs terroristes continuent d’orchestrer des attaques violentes contre de nombreux quartiers de Port-au-Prince : Solino, Nazon, Christ-Roi, Delmas 24, Delmas 30, Delmas 19, Carrefour Feuilles, avenue Christophe, Pacot, Cameau et Capois, forçant des milliers de familles à fuir. [emb rc apr 26/08/2025 12:10]