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Haïti : Les États-Unis envisageraient une mission de sécurité de l’Onu contre les gangs

P-au-P, 11 août 2025 [AlterPresse] — L’administration politique américaine proposera au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) d’envoyer une mission de sécurité en Haïti, dont l’objectif principal sera de lutter contre les organisations criminelles qui contrôlent désormais de larges portions du territoire, selon un article du journal Jamaica Observer consulté par AlterPresse.

Cette proposition des États-Unis exige que la Chine et la Russie s’abstiennent d’exercer leur droit de veto au Conseil de sécurité, afin de permettre la ratification d’une résolution, poursuit le quotidien jamaïcain.

L’an dernier, la Russie et la Chine se sont opposées à plusieurs reprises, notamment « à l’inclusion de toute clause demandant au Conseil de sécurité de ‘commencer à planifier la transition’ de la mission de sécurité vers une opération de maintien de la paix de l’Onu ou ‘d’envisager’ cette transition », rapportait le journal Miami Herald.

Le journal floridien relatait combien le manque de soutien financier à la Niission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) avait affecté sa capacité à aider la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans la lutte contre les gangs armés.

Le Jamaica Observer a également cité le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, qui s’est dit « conscient de la situation en Haïti et des implications géopolitiques de sa crise institutionnelle ».

L’administration Trump a analysé plusieurs options pour sortir Haïti du carcan des organisations criminelles, rapporte Jamaica Observer.

Selon le dirigeant américain, l’afflux de migrantes et migrants isans papiers favorise les activités illicites, liées au trafic de drogue, au commerce illégal d’armes et à la contrebande.

Marco Rubio a conclu que l’Onu est la seule solution face à la crise multidimensionnelle en Haïti, qui se détériore de jour en jour, ajoute le journal.

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le lundi 22 avril 2025, la Chine et la Fédération de Russie ont pointé la responsabilité des États-Unis dans l’entrée d’armes illégales en Haïti.

Le délégué de la Fédération de Russie a estimé combien « la solution à long terme à la crise haïtienne incombe au peuple haïtien lui-même », tout en soulignant que « l’embargo sur les armes, en vigueur jusqu’à présent, n’a pas empêché les groupes criminels de reconstituer leurs arsenaux ».

Ils ont dénoncé l’absence de mesures efficaces pour freiner le flux illégal d’armes vers le pays.

La situation sécuritaire demeure insoutenable en Haïti

En marge de la prise de fonction de Laurent Saint-Cyr comme coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), le jeudi 7 août 2025, une atmosphère de tension a régné à l’aube dans plusieurs quartiers de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince.

Des tirs d’armes lourdes ont retenti notamment à Delmas, Pétionville et leurs environs, suscitant la peur chez la population.

Le porte-parole de la coalition criminelle Viv Ansanm avait menacé d’attaquer la Villa d’Accueil (siège des autorités de la transition) à Musseau (Pétionville, périphérie est), sans y parvenir.

Lors de son discours d’intronisation comme coordonnateur du Cpt, l’homme d’affaires Laurent Saint-Cyr a sollicité le soutien de la communauté internationale dans la lutte contre l’insécurité, qui constitue l’une de ses priorités.

Le coordonnateur sortant du Cpt, Fritz Alphonse Jean, a, pour sa part, insisté sur l’ampleur des violences en Haïti, selon lui largement sous-estimées par les partenaires étrangers.

Il avait dénoncé un réseau de criminalité transnationale, structuré autour du trafic de drogues, d’armes, d’organes et du blanchiment d’argent. [cj gp 11/08/2025 13:55]

Image : Minijusth