Par Charilien Jeanvil
P-au-P, 04 août 2025 [AlterPresse] — Le kidnapping, suivi de la séquestration de 8 personnes, dont un enfant de 3 ans, à l’Orphelinat Sainte-Hélène, à Tèt Bwa Pen, Obléon (Kenscoff, à l’est de la capitale, Port-au-Prince), vers 3:00 am (7:00 gmt) ce dimanche 3 août 2025, suscite de l’indignation et de la consternation, notamment chez le réseau « Nos petits frères et soeurs » (Npfs) et la Fondation Saint-Luc.
L’Hôpital Saint-Damien, le Pwogram lavi et l’Hôpital Saint-Luc, qui font partie du réseau « Nos petits frères et soeurs » (Npfs) et la Fondation Saint-Luc, ont décidé de cesser de fonctionner, depuis le dimanche 3 août 2025, en signe de protestation contre cet acte de « violences inacceptables », informent « Nos petits frères et sœurs » et la Fondation Saint-Luc, dans une note conjointe, consultée par AlterPresse.
Les deux entités envisagent de reprendre leurs services à la libération inconditionnelle de toutes les personnes enlevées ce dimanche 3 août 2025.
« Nos petits frères et soeurs » (Npfs) et la Fondation Saint-Luc (Fsl) condamnent, avec la plus grande fermeté, l’acte cruel de kidnapping, suivi de séquestration de 8 personnes, dont un enfant de 3 ans, perpétré par un gang armé, le dimanche 3 août 2025, à l’intérieur de l’orphelinat Sainte-Hélène situé à Tèt Bwa Pen, Obléon (Kenscoff).
Le réseau Npfs et Fsl dénoncent l’impunité, l’indifférence et la banalisation de la terreur en Haïti, tout en réitérant leur engagement en faveur du respect de la dignité et de la vie humaine.
Parmi les personnes séquestrées, figurent une missionnaire irlandaise, Gena Heraty, directrice de l’orphelinat Sainte-Hélène, ainsi qu’un enfant de trois ans en situation de handicap, annonce l’agent exécutif intérimaire principal de Kenscoff, Massillon Jean.
Pour l’instant, aucune demande de rançon n’a été formulée.
Oeuvrant depuis 1988 à Kenscoff, l’orphelinat Sainte-Hélène encadre environ 300 enfants, dont une cinquantaine à mobilité réduite (vivant avec des handicaps).
Les missionnaires étrangers ainsi que les enfants ne sont pas épargnés dans la situation sécuritaire fragile en Haïti.
Le samedi 16 octobre 2021, le gang 400 mawozo de Croix-des-Bouquets avait kidnappé et séquestré 17 missionnaires américains et canadiens de l’organisation « Christian Aid Ministries ».
Les 12 autres otages, sur les 17, ont été libérés le jeudi 16 décembre 2021.
Le dimanche 11 avril 2021, dix (10) personnes, dont 7 religieuses et religieux, de l’église catholique romaine en Haïti. ont été kidnappées par le gang 400 Mawozo , dans la zone de Croix-des-Bouquets (municipalité au nord-est de la capitale), au moment où ils se rendaient à la cérémonie d’installation du prêtre Arnel Joseph à Ganthier.
Ces personnes allaient être libérées après 3 semaines de captivité, le vendredi 30 avril 2021.
Kenscoff sous les assauts de gangs terroristes depuis le 27 janvier 2025
Après leurs premiers assauts sur la commune de Kenscoff le 27 janvier 2025, les bandits avaient enlevé une trentaine de personnes.
Dans la soirée du jeudi 10 juillet 2025, Caristène Joseph, 93 ans, aura vécu 5 mois et 13 jours d’angoisse dans les mains des malfrats, avant d’être relâché contre rançon,.
Le jour de son enlèvement, le 29 janvier 2025, les gangs ont assassiné sa femme, Gracia Paul Caristène Joseph, à Kafou bèt, expliquait, avec amertume, son fils à AlterPresse/AlterRadio, l’ancien agent exécutif intérimaire de Kenscoff, José Joseph.
La condition physique de Caristène Joseph s’est détériorée durant sa captivité
« Ses pieds sont enflés. Des éruptions cutanées sont visibles sur son corps. Il souffre de démangeaisons », a confié son fils, José Joseph, à son retour, avant de l’emmener voir un médecin interniste et un dermatologue.
Ce nouvel affront des gangs à la commune de Kenscoff survient moins de 2 semaines après l’annonce, par la Police nationale d’Haïti (Pnh), d’une intensification de ses opérations dans la zone, avec le déploiement de drones et d’un hélicoptère de combat pour lutter contre les gangs armés.
Une opération conjointe menée par la Pnh, les Forces armées d’Haiti et la Force multinationale d’appui à la sécurité, le jeudi 24 juillet 2025, serait soldée par la mort de plusieurs bandits notamment à Kavri, Godèt, Bélot et Platon Furcy.
La Pnh n’a publié aucun bilan de ces opérations.
Faut-t-il rappeler que 2 policiers avaient été blessés lors d’une attaque visant le sous-commissariat de police à Furcy, une petite localité de Kenscoff, dans la nuit du 11 au 12 juillet 2025.
Le Conseil exécutif intérimaire de Kenscoff a aussi exigé le renforcement des effectifs de la Pnh, déjà engagés sur le terrain et la poursuite des opérations, jusqu’au rétablissement total de l’ordre.
Déficit budgétaire accru de la Pmh
Les échecs s’accumulent pour les forces publiques à Kenscoff, alors que les plus hautes autorités multiplient les promesses de tout mettre en œuvre, pour enrayer la crise sécuritaire, y compris des moyens à disposition pour la Police nationale d’Haïti.
La direction générale de la Pnh s’est plainte, la semaine dernière, d’un déficit budgétaire accru, qui menacerait sérieusement son fonctionnement et les opérations dans la quête de restauration de la paix publique.
La direction générale de la Pnh a souligné combien, sur un budget prévisionnel de 272,323,800.00 gourdes (Bdlr : Us # 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro - 152.99 gourdes ; 1 dollar canadien - 96.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui), transmis il y a environ 4 mois aux autorités, seule une allocation de 177,130,000.00 gourdes — soit environ 65 % du montant initial — a été approuvée par le Ministère de l’céonomie et des finances (Mef), le 18 juillet 2025.
Des fonds qui n’ont pas encore été décaissés, a déploré la Pnh, contrairement à des rumeurs relayées sur la toile. [cj rc apr 04/08/2025 13:30]
Image : site internet de Npfs
