Par Emmanuel Marino Bruno
P-au-P, 23 juillet 2025 [AlterPresse] --- La plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et refugiés (Garr) pointe un système de corruption en République Dominicaine, qui encourage l’immigration irrégulière de migrantes et migrants haïtien.ne.s sur le territoire voisin, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Elle invite les deux pays à faire front commun, pour lutter contre la migration irrégulière, qui alimente les pratiques de traite et de trafic d’êtres humains.
La plateforme Garr encourage aussi les gouvernements des 2 pays à réfléchir sur la mise en œuvre des programmes de migration régulière, sûre et ordonnée, profitables aux deux nations.
Ces appels de la plateforme Garr interviennent après une étude sur la main-d’œuvre étrangère dans les branches de la construction en République Dominicaine, menée par Marina Ortiz Rita Mena et reprise par plusieurs médias dominicains.
Cette enquête révèle combien des ouvriers migrants haïtiens ont payé jusqu’à 17, 000.00 pesos (Ndlr : US $ 1.00 = 135.00 gourdes ; 1 euro = 154.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 97.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) à des entreprises dominicaines pour pouvoir retourner travailler après avoir été déportés.
Elle signale des pratiques d’extorsion, exercées à l’encontre de ces travailleurs par des agents de la migration se présentant sur les chantiers de construction les jours de paie.
Ces agents de la migration dominicaine exigent entre 7,000.00 et 10,000.00 pesos par personne, en brandissant la menace de la déportation, révèle l’etude.
Loin d’être un poids pour la République Dominicanie, l’immigration haïtienne en terre voisine représente une manne sur laquelle bon nombre de secteurs se gavent, souligne la plateforme Garr.
« Beaucoup d’entreprises font venir des migrantes et migrants en situation irrégulière, les embauchent en les sous-payant ; les obligeant à travailler sur des chantiers à risques, sans équipements de protection, sans protection sociale ».
De plus, ces travailleuses et travailleurs haïtien.ne.s sont victimes régulièrement d’actes racistes et xénophobes.
La plateforme Garr dénonce un trafic, qui s’organise via des réseaux de passeurs impliquant des civils haïtiens et militaires dominicains.
Au cours du mois de juillet 2025, 4 militaires dominicains actifs, impliqués dans un réseau de trafic de migrantes et migrants haïtien,ne.s, ont été condamnés à environ 15 ans de prison par la justice dominicaine, rappelle la plateforme Garr.
Des agents de la migration dominicaine exploitent la vulnérabilité des ressortissantes et ressortissants haïtien.ne.s, en leur extorquant de l’argent par divers moyens, notamment à travers la vente frauduleuse de visas, à l’époque où ceux-ci étaient encore délivrés aux citoyennes et citoyens haïtiens, condamne la plateforme Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés. [emb rc apr 23/07/2025 14:30]
