P-au-P, 15 juil. 2025 [AlterPresse]--- Le Conseil de l’Union européenne (Ue) annonce avoir inscrit sur sa liste de sanctions, trois nouveaux chefs de gangs haïtiens Micanor Altès, Christ-Roi Chéry et Jeff Larose, impliqués dans des activités criminelles et dans les violences en Haïti, dans une note en date du mardi 15 juillet 2025, consultée par l’agence en ligne AlterPresse.
Ces sanctions imposent un gel de leurs avoirs, une interdiction de voyager vers l’Ue, ainsi que l’interdiction de leur fournir, directement ou indirectement, des fonds ou des ressources économiques, précise l’Ue.
Ces individus sanctionnés sont considérés comme responsables d’actions qui menacent la paix, la stabilité et la sécurité du pays, souligne-t-elle.
Le chef du gang de Wharf Jérémie, Micanor Altès, est tenu pour responsable du massacre de 207 personnes survenu en décembre 2024. Les chefs des gangs de Ti Bwa, Christ-Roi Chéry et de Canaan Jeff Larose, sont accusés de recrutements forcés d’enfants, d’enlèvements, d’homicides ainsi que de violences sexuelles et sexistes, rappelle-t-elle.
Le 16 décembre 2024, l’Ue avait adopté des mesures restrictives à l’encontre de trois Haïtiens, compte tenu de l’escalade de la violence des gangs, des violations graves et incessantes des droits humains, commises par les gangs dans le pays et de l’impunité persistante des auteurs de ces actes.
Il s’agissait de Jonel Catel, chef du gang Terre Noire, affilié à la coalition des gangs G9 en Haïti, Gabriel Jean-Pierre, chef de la coalition des gangs GPèp et Ferdens Tilus, chef du gang Kokorat San Ras.
Les violences des gangs en Haïti ont causé la mort de 3,141 personnes, entre les 1er janvier 2025 et 30 juin 2025, et entrainé le déplacement forcé de plus d’un million de personnes depuis 2023.
Ces groupes criminels ont étendu leur emprise sur les communes de Saut-d’Eau et Mirebalais, dans le Plateau central, sur La Chapelle, dans l’Artibonite, ainsi que dans plusieurs zones de Kenscoff, à l’est de Port-au-Prince, la capitale.
L’Union européenne appelle à un soutien urgent de la communauté internationale en faveur d’Haïti, en cette période de grave instabilité.
« Les discussions au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) devraient garantir sans plus attendre l’avenir de la Mission multinationale de soutien à la sécurité (Mmas), notamment en lui accordant le financement nécessaire pour remplir son mandat de rétablissement de la paix, de la stabilité et de l’État de droit dans le pays », déclare Kaja Kallas, haute représentante de l’Ue pour les affaires étrangères et la politique de sécurité.
Ce mardi 15 juillet 2025, le Conseil européen a également décidé de renouveler jusqu’au 29 juillet 2026, le cadre de l’Ue pour les mesures restrictives à l’encontre des personnes responsables de menaces à la paix, à la stabilité et à la sécurité d’Haïti ou d’atteintes à la démocratie et à l’État de droit dans le pays.
L’Ue affirme être préoccupée par les activités criminelles persistantes et déstabilisatrices, notamment les niveaux élevés de violence des gangs, qui compromettent la stabilité dans la région.
Le 17 octobre 2024, le Conseil européen avait appelé à de nouvelles sanctions ciblées contre les individus et entités responsables de violences, dans le but de contribuer à rétablir la paix, la sécurité, la stabilité, la démocratie et l’État de droit en Haïti.
Le régime de sanctions onusiennes contre Haïti
La résolution 2653 (2022) adoptée le 21 octobre 2022 par le Conseil de sécurité des Nations unies, a instauré un régime de sanctions contre Haïti, comprenant notamment un gel ciblé des avoirs, des restrictions de voyage et un embargo sur les armes.
Le 28 juillet 2023, le Conseil a modifié son régime de sanctions au vu de la situation en Haïti. Ce qui a permis à l’Ue d’ imposer de manière autonome des mesures restrictives aux personnes et entités responsables de menaces à la paix, à la sécurité ou à la stabilité d’Haïti, ou de atteintes à la démocratie ou à l’État de droit en Haïti.
Ce cadre complète les sanctions imposées par le Conseil de sécurité des Nations unies en octobre 2022.
L’Ue réaffirme son engagement à soutenir Haïti, en renforçant les capacités institutionnelles et en facilitant l’accès de la population aux services publics de base dans un contexte d’insécurité et de volatilité extrême. [emb apr 15/07/2025 12:00]
