P-au-P, 13 juillet 2025 [AlterPresse] --- Une attaque supposément de grande envergure a été menée dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 juillet 2025 contre le sous-commissariat de Furcy, dans la commune de Kenscoff (dans les hauteurs de l’est de la capitale) , par des membres de la coalition armée Viv ansanm, désignée organisation terroriste par les autorités haïtiennes et internationales, apprend AlterPresse.
Les assaillants ont contraint les policiers à abandonner leurs positions avant d’incendier le bâtiment. Deux policiers ont été blessés, selon les informations fournies par l’agent exé cutif inté rimaire de Kenscoff, Masillon Jean, à des médias.
Les bandits armés ont également attaqué d’autres installations policières, notamment dans la zone de Ka-Blain.
Ce dimanche matin 13 juillet 2025, une nouvelle tentative d’incursion a été repoussée par les forces de l’ordre, dans un climat de vive tension. Des menaces pèsent désormais sur la localité d’Obléon, accentuant l’inquiétude des habitant·e·s.
L’agent exécutif intérimaire de Kenscoff dresse un constat alarmant : près de 75 % de la commune est aujourd’hui contrôlée par des groupes armés. Seules certaines zones, comme le centre-ville, Viard, Lazontière, la section communale de Grand Fond et le site de Teleco, restent sous contrôle partiel de la police.
Il rappelle que plusieurs localités avaient été reprises récemment par la police, mais l’absence de consolidation des positions en raison du manque de moyens et d’effectifs a permis aux gangs de regagner du terrain. L’inexistence d’un appui des Forces armées d’Haïti et le manque de technologies, comme les drones kamikazes, sont également pointés du doigt par l’élu local.
Face à cette nouvelle flambée de violence, les habitant·e·s de Kenscoff et de Furcy se disent totalement livrés à eux-mêmes. Les appels à l’aide répétés restent jusqu’à présent sans réponse tangible.
Nou pa jwenn okenn sekou, nou viv nan kè sote chak swa, confie un résident de Furcy à AlterPresse.
Le Premier ministre à Washington, en plein pic de crise
Pendant ce temps, le Premier ministre haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, est en déplacement officiel aux États-Unis depuis le vendredi 11 juillet 2025.
Selon une note officielle de la Primature, cette mission vise à renforcer les partenariats stratégiques dans les domaines de la sécurité, de l’économie et du processus électoral.
Il doit rencontrer plusieurs hauts responsables américains à Washington, accompagné notamment de l’ancien directeur général de la Police nationale, Mario Andrésol.
Le retour du chef du gouvernement est prévu pour le jeudi 17 juillet 2025.
Cependant, le voyage du Premier ministre suscite des remous au sein même de l’appareil gouvernemental, plusieurs ministres affirmant n’avoir pas été informés, ni de son voyage ni de l’agenda de la mission.
Des barricades ont été observées, ces derniers jours ,dans le quartier de Musseau, à proximité de la Primature, et du Palais national.
À cette instabilité sécuritaire et institutionnelle s’ajoutent des incertitudes politiques.
Le secteur soutenant Fritz Alphonse Jean au sein du Conseil présidentiel de transition serait désormais en minorité, accentuant les incertitudes à l’approche de la fin du mois de juillet 2025, échéance symbolique dans le calendrier transitoire. [gp apr 13/07/2025 20:00]
