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Nations unies : La France souligne l’urgence d’un soutien international à la sécurité en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

New York, 03 juil. 2025 [AlterPresse]--- Le gouvernement de la France plaide pour un renforcement urgent du soutien international à la sécurité en Haïti, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), le 2 juillet 2025, sur la crise haïtienne, suivie par AlterPresse.

« La priorité absolue est de rétablir la sécurité en Haïti », considère Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’Organisation des Nations unies.

Il estime nécessaire le rétablissement des institutions démocratiques et de l’état de droit en Haïti pour mettre fin à la crise multidimensionnelle qui frappe le pays.

L’ambassadeur français appelle à une plus grande application des Nations Unies pour aider à rétablir la sécurité en Haïti, en proie à une escalade de terreur et d’autres violences des gangs armés, qui ont causé la mort de plus de 2,680 personnes, entre janvier et mai 2025.

Il salue l’engagement du Kenya et des autres contributeurs de troupes à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), qui compte, depuis son déploiement partiel en juin 2024 en Haïti, environ 1,000 agentes et agents sur le terrain, sur les 2,500 prévu.e.s.

« Sans rétablissement de la sécurité, il ne pourra pas y avoir de progrès dans le processus de transition politique », prévient Jérôme Bonnafont, tout en encourageant les autorités haïtiennes à travailler ensemble pour faire avancer la transition.

Selon lui, la restauration de la sécurité devrait permettre le retour de l’autorité de l’État et la fin des violations massives des droits humains et du droit international humanitaire, que subit la population haïtienne, en particulier les femmes et les enfants, à cause des manœuvres criminelles des gangs.

Le gouvernement de la France encourage les partenaires à redoubler d’efforts en soutien à la Mmas, qui devrait être mieux dotée, en troupes et en équipements, pour aider à ralentir l’expansion des gangs et récupérer les territoires qu’ils contrôlent.

Les efforts, déployés par les États de la région des Amériques, doivent être accompagnés d’un cadre clair fourni par les Nations Unies, suggèrent le gouvernement de la France, se disant convaincue combien les Nations unies pourraient apporter une expertise stratégique et opérationnelle, ainsi qu’un soutien logistique essentiel.

« L’urgence de la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti nous oblige à avancer », avance Jérôme Bonnafont, représentant permanent de la France auprès de l’Onu.

Par ailleurs, l’utilisation des sanctions constitue un levier clé pour lutter contre les gangs et les réseaux transnationaux de criminalité organisée qui les alimentent, ajoute-t-il, soutenant la mise en œuvre, de façon stricte, de l’embargo sur les armes et les sanctions individuelles.

L’application de ces sanctions aux individus, qui soutiennent et financent les gangs, doit s’accompagner d’efforts renouvelés pour lutter contre la corruption et les crimes financiers.

Le soutien aux autorités et forces de sécurité en Haïti « est nécessaire pour aider à la pleine mise en œuvre du régime de sanctions, pour accompagner la montée en capacité des forces de sécurité, mettre en place des mécanismes de démobilisation des gangs et soutenir le renforcement des systèmes judiciaires et pénitentiaires haïtiens ».

Depuis l’année 2022, plus d’une soixantaine de personnalités politiques et économiques haïtiennes sont sous le coup de sanctions onusiennes, canadiennes et américaines. [emb rc apr 03/07/2025 13:35]