P-au-P, 02 juillet 2025 [AlterPresse] --- L’organisation Solidarite fanm Ayisyèn (Sofa) a recensé 503 cas de violences faites aux femmes entre janvier et juin 2025, dans ses dix (10) centres d’accompagnement répartis à travers Haïti, dans un rapport consulté par AlterPresse. Ce chiffre marque une hausse préoccupante de 85 % par rapport à la même période en 2024.
La majorité des cas signalés provient de la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, avec 287 cas, suivie de 3 communes dans le département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), Jérémie (40), les Abricots (39) et Beaumont (31). Plus de 60 % des violences recensées dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, sont attribuées à des actes perpétrés par des groupes armés, souligne la Sofa, dans ce
Les formes de violences les plus fréquemment documentées sont psychologiques (503 cas), économiques (396), physiques (313) et sexuelles (225). Ces violences s’exercent aussi bien dans les foyers que dans des quartiers contrôlés par des gangs, où la criminalité empêche souvent les femmes d’accéder à une aide ou à la justice.
Les femmes les plus touchées sont âgées de 36 à 53 ans, vivant généralement en union libre (plaçage), un type d’union non reconnu par la loi haïtienne. Ce qui les prive de toute protection juridique. Le rapport de la Sofa attire également l’attention sur la situation des veuves des violences armées, en majorité originaires de l’Ouest.
Face à cette situation, la Sofa appelle à des mesures urgentes de protection, de justice et de financement. Elle dénonce l’impunité persistante, l’abandon des survivantes et la complicité silencieuse des institutions face à ce qu’elle décrit comme une « crise sexiste aggravée par la terreur armée ». [gp apr 02/07/2025 21:00]
Photo : Amnesty international
