Par Emmanuel Marino Bruno
New York, 02 juil. 2025 [AlterPresse] --- Le président du Conseil économique et social des Nations unies (Ecosoc), l’ambassadeur canadien Bob Rae, également représentant permanent du Canada auprès de l’Organisation des Nations unies (Onu), exhorte le Conseil de sécurité de l’Onu à répondre rapidement à la demande d’Haïti d’une assistance sécuritaire robuste.
Une mission de stabilisation des Nations unies devrait être sérieusement envisagée, a rapporté Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, le Portugais António Guterres, lors d’un point de presse, le mardi 1er juillet 2025, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Le président de l’Ecosoc estime essentiel, à court terme, un important programme de soutien des Nations unies à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti.
Évoquant la gravité de la situation en Haïti, Rae encourage également le Conseil de sécurité de l’Onu à assurer une présence active des Nations unies sur le terrain.
Une majorité de pays membres de l’Onu ont lancé des appels de plus en plus insistants pour transformer la Mmas en une mission de paix de l’Onu, lors d’une réunion sur la crise en Haïti, au siège des Nations unies à New York (États-Unis d’Amérique), dans l’après-midi du mercredi 22 janvier 2025.
La transformation de la Mmas permettrait de la renforcer sur les plans financier et logistique, ont-ils estimé, lors des débats.
Le gouvernement des États-Unis plaide aussi pour une force de maintien de la paix en Haïti, qui devrait garantir un meilleur financement de la mission, aujourd’hui mal équipée et sous-financée.
Dans une intervention, le jeudi 26 septembre 2024, devant l’Assemblée générale de l’Onu, le coordonnaqqteur des actions d’alors au Conseil présidentiel de transition (Cpt) en Haïti, Edgard Leblanc Fils, avait encouragé les membres de l’Organisation des Nations unies (Onu) à engager des réflexions devant aboutir à une mission de paix onusienne, à la place de la Mmas.
Les gouvernements de la Russie et de la Chine ont exprimé leurs réserves, quant à la transformation de la Mmas en mission onusienne.
« C’est seulement après avoir pleinement atteint le potentiel de la Mission multinationale qu’il sera possible d’évoquer toute adaptation de la présence internationale en Haïti », avait avancé le représentant de la Fédération de Russie, lors d’une réunion onusienne tenue en janvier 2025.
Il a appelé les donateurs à fournir les contributions promises, aux fins du déploiement complet de la Mmas.
Comme la Russie, le représentant de Guyana a jugé également crucial le déploiement intégral du personnel de la Mmas, invitant de préférence les pays à honorer les engagements pris.
Le déploiement complet reste bloqué par des retards logistiques et un déficit d’équipement – estimé à moins de 30 % des besoins, selon les informations disponibles.
Financée par des partenaires volontaires et dirigée par le Kenya, la Mmas n’a mobilisé que 991 agentes et agents sur les 2,500 prévu.e.s, selon les statistiques.
Un an après son arrivée en juin 2024, la Mmas peine à remplir son mandat, faute de ressources suffisantes, a récemment reconnu son commandant kenyan Godfrey Otunge.
Les États-Unis d’Amérique ont récemment déclaré ne plus être en mesure d’assumer ce qu’ils qualifient de « lourd fardeau financier », que représente la Mmas.
Autorisée le 2 octobre 2023 par le Conseil de sécurité de l’Onu, la Mmas a pour objectif d’appuyer les forces de l’ordre haïtiennes dans leur lutte contre les gangs criminels armés.
Entre-temps, les violences des gangs terroristes ne cessent point d’etre intensifiées, notamment à Saut-d’Eau et Mirebalais (Lateau central), La Chapelle (Artibonite, Nord) et Kenscoff (Ouest).
Entre janvier et mai 2025, les violences des gangs armés ont fait plus de 2,680 personnes tuées et 957 blessées, selon les Nations unies.
En 2024, plus de 5,600 personnes ont été tuées en Haïti, à cause de ces violences.
Depuis janvier 2023, plus d’un million de personnes sont déplacées par la terreur des gangs armés dans le pays, d’après l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). [emb rc apr 02/07/2025 11:30]
