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Haïti-Politique : Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana critique la Caricom et prône une nouvelle approche

P-au-P. 1er juillet 2025 [AlterPresse] --- Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana (Bsa) invite la Communauté des Caraïbes (Caricom) à reconsidérer son rôle dans la gestion de la crise haïtienne, dénonçant l’échec de sa mission actuelle, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Dans une déclaration rendue publique le 1er juillet 2025, lors d’une rencontre virtuelle avec le Groupe des personnalités éminentes (Gpe) de la Caricom, le Bsa accuse l’organisation régionale d’avoir « dévié de sa vocation initiale de facilitation pour s’imposer en arbitre » des négociations politiques en Haïti.

Cette réunion s’inscrit dans une série de consultations initiées par le Gpe en amont du sommet des chefs d’État de la Caricom, prévu du dimanche 6 au mardi 8 juillet 2025 à Montego Bay (Jamaïque). Le Gpe regroupe trois anciens chefs de gouvernement : Kenny Anthony (Sainte-Lucie), Perry Christie (Bahamas) et Bruce Golding (Jamaïque).

« Sa mission ne peut et ne doit plus rester la même », affirme le Bsa, qui exhorte la Caricom à « écouter attentivement, humblement », et à « porter fidèlement notre voix dans les instances régionales et internationales ».



Le Bureau de suivi de l’Accord de Montana critique également le Conseil présidentiel de transition (Cpt), accusé d’avoir « abdiqué toutes les missions régaliennes de l’État » au profit d’intérêts étrangers, et qualifie l’échec de l’accord du 3 avril 2024 de « coup d’État » contre une initiative purement haïtienne.

La déclaration insiste sur la nécessité d’un examen de conscience collectif, estimant qu’il revient aux protagonistes nationaux « d’assumer leurs responsabilités dans le dévoiement de la transition » et de bâtir, avec des citoyennes et citoyens intègres, une voie capable de « rompre avec les schémas récurrents de gouvernance antidémocratique et corrompue ».

Appelant à un élargissement du dialogue, le Bsa plaide pour un rassemblement avec « les forces sociales engagées dans la lutte pour la vie et le progrès », ainsi que des membres intègres de la diaspora, refusant de s’associer à ce qu’il qualifie de « pacte mortifère ».

Sur le plan géopolitique, la déclaration dénonce une « mise sous tutelle officielle » d’Haïti par l’Organisation des États américains (Oea), à travers une résolution du 27 juin 2025 introduite par le Cpt. Le Bsa évoque aussi les séquelles du plan d’actions de l’Oea en 2010, qui aurait « renversé les résultats des urnes » et contribué à « plus d’une décennie de décomposition institutionnelle ».

Le Groupe des personnalités éminentes affirme, de son côté, poursuivre ses efforts pour créer un cadre propice à la tenue d’élections en 2026. Toutefois, l’intensification des attaques armées contre les institutions de transition fragilise les perspectives d’un scrutin crédible à court terme. [gp apr 1er/07/2025 22:00]