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Sécurité régionale : Le Ministère des affaires étrangères exhorte à bloquer l’envoi d’armes et de munitions aux gangs en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 1er juillet 2025 [AlterPresse] --- Le titulaire du Ministère des affaires étrangères et des cultes (Maec), Jean Harvel Victor Jean-Baptiste, sollicite l’adoption de mesures adéquates pour empêcher le trafic d’armes et de munitions vers Haïti, lors d’un discours prononcé le jeudi 26 juin 2025 à la 55e session ordinaire de l’assemblée générale de l’Organisation des États américains (Oea), dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Il appelle tous les partenaires d’Haïti, dont les pays membres de l’Oea, à éviter que leurs territoires soenit utilisés comme points de transit ou d’envoi d’armes et de munitions à destination des gangs armés en Haïti, qui constituent le principal levier de déstabilisation du pays.

Le Maec en Haïti les exhorte aussi à prendre des engagements concrets et à tous les niveaux, dans l’exécution du plan de redressement de la situation sécuritaire en Haïti.

Les armes utilisées par les gangs en Haïti, pour affronter l’État, terroriser la population et étendre leur emprise, proviennent, en grande partie, de détournements, opérés depuis les stocks officiels de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et ceux de la République Dominicaine, révèle le Groupe d’experts onusien en charge du suivi des sanctions sur Haïti, dans une lettre confidentielle en date du 9 juin 2025, adressée à la présidente du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu)

Malgré un embargo sur les armes, instauré en 2022 et renforcé par la suite, les gangs continuent de s’armer, notamment via le détournement de stocks de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et de la République Dominicaine, avec la complicité présumée d’agents corrompus, selon un rapport du groupe d’experts des Nations unies, chargé de surveiller les sanctions du Conseil de sécurité de l’Onu.

Les violences des gangs armés ont fait plus de 2,680 personnes tuées et 957 blessées, entre janvier et mai 2025, selon les Nations unies.

Depuis le début de la crise, notamment en 2023, plus d’1,3 million de personnes ont été contraintes de se déplacer, en raison de la terreur et d’autres violences des gangs armés.

« La situation, qui prévaut en Haïti, est un exemple concret des conséquences désastreuses de la criminalité transnationale, du trafic illicite de la drogue, de la traite des êtres humains, entre autres. Aujourd’hui, aucun pays n’est à l’abri de ce fléau », relève le Maec.

La situation en Haïti, « aussi sombre qu’elle puisse paraître, n’est pas une fatalité », affirme-t-il, restant convaincu que la conjugaison d’efforts politiques et de moyens pourrait enfin servir de levier pour aider à sortir Haïti de ce marasme de plus en plus profond.

Il demande à l’Oea « de mutualiser tous les efforts de coopération avec les partenaires régionaux et internationaux du pays, tout en se focalisant essentiellement sur les défis sécuritaires, humanitaires et institutionnels, en tant que priorités et urgences absolues définies par les autorités haïtiennes ».

Le Maec dit attendre de cette organisation régionale une réponse efficace, commune, coordonnée et résolue.

Il insiste sur le renforcement des capacités opérationnelles des forces de sécurité nationales, soutenues par la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti.

Il applaudit l’engagement des pays de l’hémisphère, aux côtés des forces vives de la nation haïtienne, à la recherche de solutions à la crise.

Le titulaire du Maec appelle au soutien de tous les États membres, comme les États observateurs de l’Oea, afin d’endiguer les effets désastreux de la criminalité en Haïti et d’arriver à créer les conditions, aboutissant aux élections et aux autres priorités nationales haïtiennes.

A travers une récente résolution sur Haïti, approuvée le vendredi 27 juin 2025, au terme de sa 55e assemblée générale à Antigua-et-Barbuda, l’Oea a appelé à une coordination efficace de la coopération interaméricaine et internationale, afin de « répondre, de manière cohérente et durable, aux défis majeurs, auxquels est confronté le peuple haïtien. »

L’Oea préconise la mise en œuvre urgente de solutions concrètes, pour résoudre la grave crise sécuritaire et institutionnelle en Haïti.

La résolution du 27 juin de l’Oea intervient dans un contexte, marqué par une intensification de la terreur et d’autres violences des gangs en Haïti, notamment dans les communes de Saut-d’Eau, de Mirebalais dans le Plateau central, de La Chapelle dans l’Artibonite et Kenscoff (à l’est de Port-au-Prince) ainsi que dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince. [emb rc apr 1er/07/2025 11:10]