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Haïti : Le Collectif du 4 décembre 2013 prône une entente nationale pour une sortie de crise

P-au-P, 30 juin 2025 [AlterPresse] --- Le Collectif du 4 décembre 2013 propose la tenue d’une rencontre officielle, afin de construire une entente nationale et définir ensemble une stratégie concrète pour sortir Haïti de l’impasse, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Il invite à une prise de conscience collective et active, et à un engagement concret, y compris au prix de sacrifices, notamment de la part de la société civile, pour le sauvetage national.

« A tous les niveaux, une prise de conscience pragmatique de l’effondrement de l’Etat est urgente pour sauver notre pays », estime le Collectif du 4 décembre 2013, dans la note signée par son coordonnateur général, Jean-Robert Argant.

Dans une note publiée le 22 juin 2025, le parti politique Entente nationale pour la sécurité et de bonnes élections, dirigé par de l’ancien sénateur Steven Irvenson Benoit, a insisté sur la nécessité de mettre en place « un modèle de gouvernance efficace, transparent et adapté à la nature de la crise actuelle, capable de résoudre le problème sécuritaire et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles en Haïti ».

Le regroupement de citoyennes et citoyens dénommé Collectif du 4 décembre 2013 plaide pour une passation pacifique du pouvoir exécutif à un gouvernement bicéphale, dont la présidence devrait être assurée par un juge de la Cour de Cassation et un chef de gouvernement « apte, compétent et crédible ».

Cette nouvelle gouvernance légitime devrait également être composée de personnalités patriotes, intègres et compétentes de la société civile, et avoir pour mission de rétablir la confiance et adresser les défis de sécurité, qui s’imposent.

Elle tâchera d’organiser des assises pour cette entente nationale tant attendue et de réinstitutionnaliser le pays, par voie électorale et par les lois.

Estimant combien « les défis du moment demandent à être traités par des esprits visionnaires et déterminés », le Collectif du 4 décembre 2013 souhaite que la transition soit conduite par des compatriotes, dont les compétences sont éprouvées.

Un Conseil présidentiel de transition (Cpt) a été mis en place en avril 2024, après le départ du premier ministre Ariel Henry, pour superviser la transition et organiser des élections.

Beaucoup de secteurs ont élevé la voix pour critiquer le non-respect de l’accord du 3 avril 2024, visant à rétablir l’ordre constitutionnel, assurer la sécurité publique en luttant contre les violences des gangs et organiser des élections libres, crédibles et inclusives, afin de restaurer la légitimité des institutions.

Jusqu’à présent, le Cpt reste incapable de contenir la dégradation sécuritaire, pendant que les gangs armés étendent leur emprise sur plus de 80 % de territoires dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince. [emb rc apr 30/06/2025 12:35]