Washington, 26 juin 2025 [AlterPresse] --- La Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti reste gravement sous-financée et sous-dotée, un an après son lancement, tandis que la violence s’intensifie à travers le pays, dénonce l’organisation Human Rights Watch (Hrw) dans un communiqué publié sur son site internet et consulté par AlterPresse.
Sur les 2,500 agentes et agents promis, seuls 991 policiers ont été déployés par cinq pays, dont le Kenya, malgré les annonces de huit (8) États en 2024. Neuf (9) des douze (12) bases prévues n’ont pas pu être établies.
« Chaque jour, les actes de violences poussent des centaines d’Haïtienes et d’Haïtiens à fuir, avec, pour seul bagage, les vêtements qu’ils portent, vers des sites de fortune ou d’autres villes, où elles et ils restent exposé.e.s et privé.e.s d’accès suffisant à la nourriture et à l’eau », alerte Nathalye Cotrino, chercheuse principale pour les Amériques à Hrw.
Elle appelle les États membres de l’Organisation des Nations unies (Onu) à renforcer d’urgence la Mmas.
« Le Conseil de sécurité doit sortir de son attentisme et transformer la Mmas en véritable mission des Nations unies, avec les moyens humains, financiers et politiques nécessaires pour protéger efficacement le peuple haïtien ».
Entre janvier et mai 2025, plus de 2,680 personnes ont été tuées et 957 blessées, selon les Nations unies.
Les violations graves contre les enfants se sont multipliées, passant de 383 cas en 2023 à plus de 2,200 en 2024, incluant une explosion des cas de recrutement d’enfants dans les groupes armés et de violences sexuelles.
« La violence en Haïti s’aggrave de jour en jour. Combien de meurtres, de viols, d’enlèvements et d’enfants enrôlés faudra-t-il encore pour que les gouvernements se réveillent et agissent ? », s’interroge Cotrino.
La crise humanitaire s’aggrave, avec près d’1,3 million de personnes déplacées, soit environ 11 % de la population. Plus de 246 sites informels accueillent les déplacés dans des conditions qualifiées d’« inhumaines » par le Bureau du protecteur de la citoyenne et du citoyen.
Hrw a documenté, lors d’une mission en avril-mai 2025 à Cap-Haïtien, des témoignages de personnes déplacées, qui ont fui les violences à Port-au-Prince, Mirebalais, Saut-d’Eau ou encore Petite Rivière de l’Artibonite. Certaines personnes rapportent combien les gangs diffusent des messages audio, exigeant des habitantes et habitants qu’elles et qu’ils fuient dans l’heure, avant d’incendier leurs maisons.
La réponse nationale reste insuffisante. Le plan humanitaire de l’Onu n’est financé qu’à hauteur de 8 %, et aucun plan de prise en charge globale des personnes déplacées internes n’a été mis en œuvre par le gouvernement de transition. [gp apr 26/06/2025 21:20]
