Tribune
Avant projet de proposition soumis à la discussion par un groupe de citoyens dont : André Lafontant Joseph*
Soumise à AlterPresse
Tirant leçon des négligences et des légèretés que nous avons commises ces dernières années, nous devrions nous débarrasser de ce gouvernement criminel en respectant un ordre chronologique intelligent et conséquent. En réalité, nous sommes restés obnubilés par les fonctions exécutives synonymes de privilèges et de prébendes, en négligeant le contrôle, la transparence et la régulation. Comment laisser un Exécutif adopter un budget qui n’est soumis à aucune vérification ? N’est-ce pas une porte ouverte laissée sciemment à la prévarication ?
Dans ce sens, nous soumettons un calendrier de mise en œuvre dont le respect peut créer des contraintes qui forcent à des changements d’attitude de la part de nos futurs dirigeants :
Démission ou destitution du PM et du CPT. Nous disons bien destitution, en cas de refus de se retirer du pouvoir.
Ce départ forcé peut se faire à l’amiable, sous la pression non violente du peuple excédé, dans le cadre d’une réaction passive ou active des forces constitutionnelles de l’ordre refusant, comme au Burkina Faso, de se faire complice de la destruction de leur peuple.
Le principe étant que ne pas porter assistance à personne en danger est un crime. À plus forte raison, ne pas empêcher le naufrage de son peuple est un sacrilège.
Il ne s’agira point d’un crime de haute trahison mais d’une geste de loyauté et de patriotisme pour la fondation d’un ordre nouveau.
Nomination pour une période de 2 à trois mois d’un PM intérimaire. Ne retombons pas dans le « mache prese, tout voum se do » qui permettent aux serpents de se faufiler subrepticement dans les rouages du pouvoir, à l’insu des gens de bien. Ils sont tellement audacieux. Ils ont tellement les yeux secs ! Il faut prendre le temps nécessaire pour former le CEP, le CNS, choisir des ambassadeurs compétents et dignes, des directeurs généraux qui ne sont pas les revenants des mêmes bouillons réchauffés, des ministres et les secrétaires d’état qui n’ont d’expérience que les rapines de l’administration publique auxquelles ils ont pris part, prenons le temps d’exiger la présentation de la politique du gouvernement à l’OCAG. Suivre un ordre logique dans la mise en œuvre d’un calendrier cohérent le choix du président doit suivre la mise en place de l’OCAG.
La Cour de Cassation est devenue une piste à ne pas négliger mais que ce ne soit pas du piqué collé. Ces bons hommes ont passé plus de 20 ans à étouffer le dossier de l’assassinat de Jean Dominique. Ce ne sont pas des innocents. Ce doit être le choix du représentant, le plus potable de la Cour de Cassation. Cette Cour est loin d’être crédible par son manque de sérieux, sa lâcheté et son opportunisme. Elle n’est qu’un pis-aller. Qu’ils soient conscients de leur passif peut être qu’ils feront amende honorable.
Ces citoyens doivent savoir que leur renommée est loin de rassurer. Ce n’est pas le poste de juge à cette Cour qui a valu à Ertha Pascal Trouillot et à Boniface Alexandre leur modération, leur leadership et leur rectitude. Ce sont des valeurs qu’ils nourrissent et qui les ont suivi après leur passage à cette haute fonction.
Présentation à la nation des aspirants au gouvernement de transition, par le nouveau Président issu de la Cour de Cassation. Cessons de ruminer les bagasses de cannes qui n’ont pas de jus. Juste le titre d’un poste important où ils n’ont rien fait de remarquable. Comme quoi, seul un ancien ministre, un ancien Directeur général ignare, un parlementaire improductif et grandiloquent peut devenir un nouveau ministre, un secrétaire d’État indépendamment de son palmarès. Des gens sans conviction, sans vision sont les seuls invités aux parties de chaises musicales que sont les montages des cabinets ministériels.
Réaction de la population sur les postulants par des sondages médiatiques simples, crédibles, scientifiques réalisés par une université en association avec un think thank, une université ou un média de notoriété.
Surtout et j’insiste, formation de l’OCAG avant le choix du président et du PM. Nous avons vu que faire l’inverse, c’était la plus grande bêtise à ne pas commettre. Laisser un politicien gouverner sans aucun contrôle ou lui demander de choisir ses contrôleurs, c’est comme confier à un loup la garde d’une bergerie.
Publication de la version authentique de l’accord de la deuxième étape de la transition que nous espérons être la bonne.
Choix du PM par le président et validation par l’OCAG.
validation des pouvoirs de chaque ministre et secrétaire d’État (maximum 12) par l’OCAG avant l’installation du gouvernement de Transition.
Arrêté sur les mesures conservatoires à prendre contre les dilapidateurs de biens publics et les promoteurs du terrorisme.
Élaboration d’un arrêté sur la stratégie sécuritaire du pays par le PM et sa ratification par l’OCAG.
Révision de la mission et des règles d’engagement du MMS.
Passation de pouvoir au gouvernement bicéphale de transition à l’échéance des 2 mois de l’intérim.
Feuille de route à développer par le PM devant l’OCAG à l’occasion de la séance de validation.
Nettoyer les données de l’ONI et reprendre le processus d’identification de tous les haïtiens.
Lancer un programme de retour à volonté des déplacés vers leurs propriétés accompagné d’un programme de reconstruction et de formalisation des possessions qualifiées.
Relancer l’agriculture et la pêche.
Augmenter l’offre scolaire, les soins de santé primaires, le sport et les loisirs sains.
Faire ratifier un budget rectificatif.
Adopter un moratoire sur les créances des entreprises fortement touchées par la crise.
Mettre en place un programme de désarmement et de réinsertion pour les membres des gangs qui sont éligibles.
Faire des lotissements, accorder des concessions pour la construction de logements sociaux et le développement de nouveaux milieux de vie.
Renforcer les capacités administratives des collectivités territoriales, leurs capacités à fournir les services de base à la population et à stimuler le développement local.
Organisation des élections à tous les niveaux à l’échéance de deux ans.
*Représentant du Secteur Socioprofessionnel
au Conseil National de Transition (CNT) de Montana.
