Español English French Kwéyol

Haïti – Sécurité : Le Rnddh exhorte à accueillir favorablement les policiers émigrés désirant revenir

Port-au-Prince, 18 juin 2025 [AlterPresse] — Alors que la Police nationale d’Haïti (Pnh) a perdu plus de 6,000 agentes et agents depuis 2022 et que la crise sécuritaire s’aggrave, Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), recommande que les autorités policières accueillent « à bras ouverts » les agents ayant quitté le pays et souhaitant réintégrer la Pnh.

« En novembre 2022, l’effectif de la Pnh avoisinait 16,000 agentes et agents. Depuis, plus de 6,000 policères et ipoliciers ont quitté l’institution pour fuir l’insécurité, chercher une vie meilleure et subvenir aux besoins de leurs familles. Beaucoup sont partis vers le Brésil, le Chili, le Mexique ou ont profité du programme Biden », souligne Pierre Espérance à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.

Aujourd’hui, alors que la situation s’est détériorée, ceux qui veulent revenir doivent être accueillis à bras ouverts par la direction générale et le haut état-major », insiste-t-il.



Ce plaidoyer s’inscrit dans un contexte de crise sécuritaire majeure.

D’après les données des Nations unies, 1,617 personnes ont perdu la vie et 580 autres ont été blessées par des violences armées au cours du premier trimestre 2025.

Par ailleurs, plus de 1,3 million de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays, tandis que plus de 8,400 habitantes et habitants de Port-au-Prince subissent une insécurité alimentaire jugée «  catastrophique  ».

Dans un rapport spécial, publié à l’occasion du 30e anniversaire de la Pnh (12 juin 1995 – 12 juin 2025), le Rnddh signale combien au moins dix (10) attaques armées ont été enregistrées contre des patrouilles et des infrastructures policières ou pénitentiaires entre juin 2024 et juin 2025.

Créée pour garantir un service public de sécurité, impartial et apolitique, la Pnh se retrouve aujourd’hui fragilisée sur tous les plans.

Les policières et policiers, en première ligne face aux gangs, sont les premières victimes de la dégradation du climat sécuritaire.

Le Rnddh souligne combien « de nombreux agents ont dû fuir leurs domiciles dans des quartiers stratégiques de la capitale, comme Carrefour Feuilles, Solino ou à Delmas (au nord-est de Port-au-Prince), aujourd’hui contrôlés par la coalition criminelle Viv Ansanm ».

Certains dorment dans des commissariats de police ou chez des proches, souvent dans des conditions inacceptables.

Face à ce constat alarmant, le Rnddh appelle à des mesures urgentes pour renforcer les capacités de la police, améliorer les conditions de vie et de travail des agentes et agents, et leur fournir des moyens adaptés pour faire face à ces niveaux de violences en constante expansion. [gp apr 18/06/2025 12:30]