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Sommet Brésil–Caraïbes : Appel à soutenir les efforts pour démanteler les gangs en Haïti

Brasilia (Brésil), 16 juin 2025 [AlterPresse] --- Les dirigeants du Brésil et des pays des Caraïbes appellent la communauté internationale à soutenir les efforts du gouvernement intérimaire haïtien pour démanteler les groupes armés criminels, dans un communiqué conjoint, publié à l’issue du sommet Brésil–Caraïbes tenu à Brasília, le vendredi 13 juin 2025, et dont a pris connaissance AlterPresse.

Ils insistent sur la nécessité d’établir des bases solides pour un développement social et économique durable, et d’organiser des élections dès que les conditions de sécurité le permettront.

Les signataires exhortent l’Organisation des Nations unies (Onu) à jouer un rôle central et moteur dans la réponse aux défis sécuritaires majeurs, auxquels est confrontée Haïti.

Le Brésil et ses partenaires caribéens expriment de vives inquiétudes face à la crise multidimensionnelle qui secoue Haïti, marquée par une détérioration continue de la situation sécuritaire, humanitaire et économique.

Ils soulignent combien la population haïtienne continue de subir les effets dévastateurs des actes de violences extrêmes et persistantes, alimentées par des gangs lourdement armés.

Ils réaffirment leur appui aux efforts nationaux, régionaux et internationaux, visant des solutions pacifiques, inclusives et durables à la crise, tout en rappelant leur conviction combien toute solution doit être « dirigée par les Haïtiens ».



Selon le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh), 2,680 personnes, dont 54 enfants, ont été tuées en Haïti entre le 1er janvier et le 30 mai 2025.

Par ailleurs, un nombre record de 1,3 million de personnes ont été déplacées à cause des violences.

Sécurité, développement et solidarité régionale au cœur du sommet

Placée sous le thème « aproximar para Unir » (« rapprocher pour unir »), la rencontre a permis aux chefs d’État de la Communauté des Caraïbes (Caricom), de Cuba et de la République Dominicaine, d’échanger sur des priorités communes : sécurité, sécurité alimentaire, climat, énergie, gestion des risques et connectivité.

La situation d’Haïti a bénéficié d’une attention particulière, notamment en ce qui concerne la sécurité, le développement et la solidarité régionale.

Haïti était représentée par Fritz Alphonse Jean, coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), accompagné de la ministre de la planification Ketleen Florestal et de l’ambassadrice d’Haïti au Brésil, Rachel Coupaud.

Le sommet, qui a rassemblé chefs d’État, hauts responsables et représentants d’organisations régionales, a été l’occasion de renforcer les canaux de dialogue et de coopération régionale.

Lula appelle à un plan de développement national pour Haïti

Dans son discours d’ouverture, le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a exhorté la communauté internationale à soutenir l’élaboration d’un plan national de développement pour Haïti.

Il a critiqué l’indifférence de nombreux gouvernements, qu’il assimile à une forme de punition infligée à Haïti, marquée par un abandon prolongé.

Selon Lula, cette punition prend aussi la forme d’une ingérence historique dans les affaires internes du pays.

La stabilisation de la situation sécuritaire en Haïti est, selon lui, un préalable à toute avancée politique, notamment l’organisation d’élections présidentielles.

De son côté, Fritz Alphonse Jean a salué « l’engagement sans faille » du président Lula et confirmé la poursuite des discussions avec le gouvernement brésilien pour approfondir la coopération à plusieurs niveaux.

Pas de négociation avec les gangs, affirme le Conseil présidentiel de transition

Le Conseil présidentiel de transition (Cpt) dit avoir pris note de la proposition du nouveau secrétaire général de l’Organisation des États américains (Oea), Albert Ramdin, relative à la possibilité de négocier avec les groupes armés.

Toutefois, le Cpt rejette cette approche, soulignant combien la société haïtienne, gravement meurtrie par des années de criminalité, ne saurait concevoir de négociations avec ceux, qui menacent l’avenir même de la nation.

Le haut-commissaire des Nations unies aux droits humains, l’Autrichien Volker Türk, a lui aussi exhorté la communauté internationale à agir avec fermeté, pour mettre fin aux violences des gangs, qui ont causé plus de 2,600 morts en cinq (5) mois.

Il plaide pour un soutien accru à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), qu’il juge insuffisamment équipée et financée, et demande l’application stricte de l’embargo sur les armes décrété par le Conseil de sécurité de l’Onu. [emb gp apr 16/06/2025 12:25]