Par Charilien Jeanvil
P-au-P, 13 juin 2025 [AlterPresse] --- Du 1er mars au 10 juin 2025, au moins 300 bandits auraient été tués, dans l’explosion de drones kamikazes utilisés dans la lutte contre les gangs armés, fait savoir le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance, lors de sa participation à l’émission FwoteLide sur AlterRadio, suivie par AlterPresse.
Les lundi 9 et mardi 10 juin 2025, les quartiers de Gran Ravin et Village de Dieu (centre-ville de Port-au-Prince) ont été visés par 14 drones, faisant une centaine de morts et de nombreux blessés graves, poursuit le Rndhh.
La task force, instaurée par le Conseil présidentiel de transition (Cpt) et le gouvernement, n’a jamais frappé aussi fort depuis le déclenchement de ces opérations, applaudit-il.
Si aucun dommage collatéral n’a été enregistré jusque-là, aucun des chefs de gangs n’a été éliminé.
L’organisme de droits humains déplore une absence de coordination dans l’utilisation des drones sur le terrain, dans la lutte contre les gangs armés en Haïti. Ce qui compromettrait les résultats.
Il critique l’emprise de criminels à cravate sur des cadres au niveau de l’Etat, les accusant de protéger les chefs de gangs.
L’entente trouvée, en avril 2025, entre le coordonnateur des actions au Cpt, Fritz Alphonse Jean, et le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé (né le 14 novembre 1971) n’a pas été suivie d’effet. regrette le Rnddh.
La Police nationale d’Haïti (Pnh), les Forces armés d’Haïti (Fad’h) et la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas)en Haïti seraient écartées de l’utilisation de ces engins.
Ce qui compliquerait le travail des forces de l’ordre, engagées sur le terrain dans un combat contre les gangs, souligne le Rnddh.
Face à plus de 2,680 morts enregistrés, entre le 1er janvier et le 30 mai 2025, en Haïti, le responsable du Haut-commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh), l’Autrichien Volker Türk, exhorte, ce vendredi 13 juin 2025, la communauté internationale à agir avec détermination, pour mettre fin à la terreur et aux autres violences des gangs armés.
Turk appelle à un soutien renouvelé à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), jugée sous-équipée et en manque de ressources.
Le Haut-commissariat des Nations unies aux droits humains réclame aussi une pleine application de l’embargo sur les armes, décrété par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu).
Un coup raté
La Pnh a failli réussir un coup de filet, la semaine dernière, en tentant de neutraliser le chef du gang Kraze Baryè, Vitelhomme Innocent, membre influent de la coalition criminelle Viv ansanm, désignée terroriste,
Le caïd, qui sème la terreur dans les environs de Tabarre (au nord-est de Port-au-Prince), Pernier et Vivy Mitchel (est), entre autres, a été localisé à deux reprises, Mais, les agents de l’ordre ne savaient pas à qui s’adresser, rapporte le Rnddh.
La Pnh n’a pas la responsabilité de la manipulation des drones à charge explosive, dit-il.
Le Réseau national de défense des droits humains continue de plaider pour une meilleure coordination entre les institutions, dans la bataille contre la terreur des gangs.
Dans la foulée, il encourage le mariage Police-Population, tout en mettant en garde les membres des groupes d’auto-défense contre tous excès et dérapages, pouvant engendrer des dommages collatéraux.
« Un individu neutralisé, même s’il porte une arme, doit être remis à la Pnh, sauf s’il refuse d’obéir et représente un danger », insiste le Rnddh reconnaissant le droit qu’ont les citoyennes et citoyens de recourir à la légitime défense. [cj emb rc apr 13/06/2025 15:30]
