Par Emmanuel Marino Bruno
Brasilia (Brésil), 13 juin 2025 [AlterPresse] --- Le président brésilien Luiz Inácio (Lula) da Silva critique l’attitude de nombreux gouvernements, dans diverses régions du monde, qu’il assimile à une forme de punition envers Haïti, caractérisée par un abandon et une indifférence à l’égard d’elle, lors d’un discours à l’ouverture du sommet Brésil-Caraïbes à Brasilia, ce vendredi 13 juin 2025, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Lula rappelle avoir déclaré, à plusieurs reprises, lors de sa récente visite en France, le jeudi 5 juin 2025, comment « Haïti ne peut pas être punie éternellement, pour avoir été le premier pays des Amériques à devenir indépendant ».
« (...) Quel péché Haïti a-t-elle commis ? Est-ce parce qu’elle a été le premier pays au monde à abolir l’esclavage ? Est-ce pour cela qu’elle est punie depuis plus de deux siècles ? », a-t-il demandé, lors de son déplacement officiel la semaine dernière en France.
« Si, hier, la punition prenait la forme d’une compensation injuste et d’une ingérence extérieure, aujourd’hui elle se traduit par une attitude d’abandon et d’indifférence », déplore le président brésilien au sommet Brésil-Caraïbes.
Il appelle la communauté internationale à s’impliquer en faveur d’un plan national de développement du pays.
Par ailleurs, le Brésil soutient l’idée pour que l’Organisation des Nations unies (Onu) assume une partie du financement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti ou la transforme en opération de maintien de la paix, fait savoir Luiz Inácio (Lula) da Silva.
Autorisée le 2 octobre 2023 par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), pour appuyer les forces de l’ordre haïtiennes dans leur lutte contre les gangs criminels armés, la Mmas ferait face à un manque de financement et de contributions limitées.
Environ 1,000 agents sont actuellement sur le terrain sur 2,500 agents prévus, dans le cadre du déploiement de la Mmas.
Une majorité de pays membres de l’Organisation des Nations unies (Onu) ont lancé des appels de plus en plus insistants pour transformer la Mmas en une mission de paix de l’Onu, lors d’une réunion sur la crise en Haïti, au siège des Nations unies à New York (États-Unis d’Amérique), dans l’après-midi du mercredi 22 janvier 2025.
Quelques réserves ont été exprimées par la Chine et la Russie.
La Police fédérale brésilienne commencera prochainement la formation de 400 membres de la Police nationale d’Haïti (Pnh), annonce Lula.
Il estime essentielle la stabilisation de la situation sécuritaire dans le pays, en vue de franchir la prochaine étape du processus politique et d’organiser des élections présidentielles,
Le Brésil déclare être disponible pour coopérer à l’organisation de ces scrutins.
Avec la République Dominicaine, Haïti a été l’un des pays sélectionnés pour recevoir les premiers projets de l’Alliance globale contre la faim et la pauvreté, informe le président brésilien Luiz Inácio (Lula) da Silva
Avec les ressources de la Banque interaméricaine de développement (Bid), la présidence brésilienne prévoit de structurer un programme de transferts de revenus, dans l’objectif d’améliorer la vie des Haïtiennes et Haïtiens.
Le centre de formation professionnelle Les Cayes, du nom du grand éducateur brésilien Paulo Freire, a été inauguré depuis quelques mois, s’est réjoui Lula, soulignant l’apport historique du Brésil à Haïti.
« Le Brésil a dirigé la composante militaire de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) pendant 14 ans. Après le tremblement de terre du mardi 12 janvier 2010, nous avons été le premier pays à verser 55 millions de dollars au Fonds de reconstruction d’Haïti ».
Le Brésil a aussi accordé plus de 90,000 visas humanitaires depuis 2012, alors que de nombreuses régions du monde ont tourné le dos à Haïti.
Une attention particulière sera accordée à la situation en Haïti, notamment en ce qui concerne les questions de sécurité, d’alimentation et de développement, durant le sommet Brésil-Caraïbes, qui rassemble 16 pays.
L’événement, qui se déroule autour du thème « aproximar para Unir » (« rapprocher pour unir »), réunit les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom), de Cuba et de la République Dominicaine.
Haïti est représentée à ce sommet par Fritz Alphonse Jean, coordonnateur des actions au Conseil présidentiel de transition (Cpt), accompagné notamment de la ministre de la planification Ketleen Florestal et de l’ambassadrice d’Haïti au Brésil, Rachel Coupaud. [emb rc apr 13/06/2025 11:00]
