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Haïti-Criminalité : La Fjkl alerte sur le risque de privatisation durable de la sécurité publique, avec le recours à des mercenaires américains

P-au-P, 30 mai 2025 [AlterPresse] --- L’engagement d’une firme privée de sécurité américaine, le groupe Blackwater, devrait s’accompagner de mesures visant à renforcer les forces de l’ordre nationales, pour éviter de privatiser à long terme la mission de l’État de garantir la sécurité publique, estime l’organisme de défense des droits humains la Fondasyon je klere (Fjkl), dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Cette disposition de renforcement des forces de l’ordre nationales devrait leur permettre d’assumer, seules et dans le meilleur délai, la sécurité de la population, avance la Fjkl.

Les horreurs, perpétrées par les gangs armés contre la population civile, pourraient justifier, dans le contexte actuel, le recours temporaire de l’État à une telle formule, pour épauler les forces de l’ordre dans leur mission de garantir l’ordre public et la tranquillité des rues, reconnait l’organisme de défense des droits humains.

Toutefois, la Fjkl demande au gouvernement d’informer la population sur la durée et le montant du contrat, les règles d’engagement des mercenaires, par rapport au respect des droits humains, aux fins d’informer la population sur ses droits, en cas d’abus ou d’usages abusifs de la force armée, et de faciliter le travail de monitoring des organisations de défense des droits humains.

Elle appelle le gouvernement intérimaire à faire le jour sur les règles d’engagement des mercenaires du groupe Blackwater, dans la lutte contre les gangs armés en Haïti.

Les crimes de masse, les viols, les vols, les incendies criminels, les enlèvements et séquestrations contre rançons, les déplacements forcés de la population civile, les démolitions des infrastructures publiques et privées sont de nature à justifier une telle mesure, estime-t-elle.

Depuis 2024, Haïti est confrontée à une intensification des violences perpétrées par les gangs armés, qui ont forcé environ un million de personnes à se déplacer.

Malgré l’appui d’une force multinationale, la Police nationale d’Haïti, sous-équipée et en sous-effectifs, peine encore à contenir la terreur des gangs armés.

La sécurité publique requiert le renforcement des Forces armées d’Haïti (Fad’H), par le recrutement massif et la formation intensive de soldats, ainsi que de la Police nationale d’Haïti (Pnh), par la formation pour les unités spécialisées, le vetting de l’institution policière, rappelle la Fjkl.

Elle exige la création d’un service de renseignement efficace, tant sur le plan stratégique qu’opérationnel.

Il convient également de doter les forces de l’ordre des équipements adaptés pour l’exécution de leur mission et d’améliorer les conditions de travail et les conditions de vie des policières et policiers, et des militaires, souligne la Fondasyon je klere.

Une force, composée de mercenaires américains, aurait été chargée de déployer des drones, destinés à éliminer des membres de gangs en Haïti, a indiqué le journal américain The New York Times, dans un article publié sur son site.

Des entrepreneurs américains, dont Erik Prince, ont été recrutés, ces derniers mois, par le gouvernement haïtien pour travailler au sein d’une force d’intervention secrète, chargée de déployer des drones destinés à éliminer les membres des gangs, rapporte le journal The New York Times, citant des experts en sécurité.

L’équipe d’Erik Prince, un entrepreneur militaire privé et éminent partisan du président américain Donald Trump, utiliserait, depuis mars 2025, ces drones contre les gangs armés, qui terrorisent le pays, a rappelé The New York Times.

Depuis mars 2025, l’utilisation de drones kamikazes contre les gangs aurait fait plus de 200 morts, selon le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh).

Jusqu’à 150 mercenaires devraient être envoyés en Haïti cet été 2025 pour combattre les gangs. [emb rc apr 30/05/2025 11:20]

Photo : Site de BlackWater