P-au-P, 13 mai 2025 [AlterPresse] --- La situation sécuritaire s’aggrave à Furcy, localité montagneuse de la commune de Kenscoff, à l’est de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, où des groupes armés occupent désormais près de 80 % du territoire, selon des témoignages recueillis par AlterPresse.
Jusqu’en début de matinée du 13 mai 2025, des rafales d’armes automatiques résonnaient encore à Furcy, où des membres de gangs ont débarqué par centaines. Lourdement armés, munis de sacs de munitions et d’une logistique sophistiquée, ils ont multiplié les exactions, selon des témoignages.
Plusieurs résidences privées ont été vandalisées, incendiées ou pillées, semant la panique parmi les habitant·es, dont beaucoup ont dû fuir vers des zones plus sûres.
Bien qu’un détachement de la police occupe le sous-commissariat local, l’absence de l’armée et le sous-effectif des forces de l’ordre face aux gangs inquiètent. Incapables de contenir l’offensive des bandits, les policiers peinent à protéger la population, déplorent des riverain.es.
La veille, le lundi 12 mai 2025, la tension était déjà vive, malgré les opérations menées par la police durant le week-end dans des zones comme Viard. Appuyées par des groupes d’autodéfense, ces interventions avaient permis la libération de plusieurs résidences et de personnes prises en otage.
Furcy, situé sur un corridor stratégique reliant Port-au-Prince aux zones agricoles des hauteurs de l’Ouest, est également un point névralgique pour la sécurité alimentaire de la capitale. La persistance des violences inquiète les acteurs locaux, qui appellent à un déploiement renforcé et durable des forces de sécurité dans la région.
Depuis le début de l’année 2025, la Pnh tente de reprendre le contrôle de territoires occupés par la coalition de gangs Viv Ansanm, récemment désignée « organisation terroriste étrangère » par les autorités américaines. [apr 13/05/2025 07:15]
