Santo Domingo, 14 mars 2025 [AlterPresse] --- La Commission nationale des droits humains (Cndh) de la République Dominicaine, déclare condamner vivement les pratiques de certains internautes identifiant, via l’application Google Maps, des supposées zones de peuplement haïtiennes en différents endroits de la République Dominicaine, dans une déclaration dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Ces pratiques constituent une violation de la vie privée, un acte discriminatoire et un comportement pouvant entraîner des persécutions et des violences à l’encontre des communautés migrantes, s’insurge la Cndh.
De telles pratiques violent également la Constitution de la République Dominicaine ainsi que le Pacte de San José relatif aux droits civils et politiques, rapelle Manuel María Mercedes, président de la Cndh.
Seule la Direction générale des migrations (Dgm) en République Dominicaine est habilitée à traiter ce type de situation, dans le respect du cadre légal.
L’utilisation d’outils numériques pour identifier des communautés migrantes pourrait attiser des tensions inutiles, dans un contexte de crise migratoire, portant atteinte à la liberté de circulation et la dignité humaine, met en garde la Commision nationale des droits humains en République Dominicaine.
« Que penserait-on si une telle démarche était menée pour signaler les zones, où vivent les Dominicaines et Dominicains, dans des villes comme New York, Miami, Madrid, Barcelone, Londres, Zurich ou Milan » ?, s’interroge la Cndh.
À ce jour, au moins huit (8) localisations ont été marquées, parmi lesquelles Boca Chica, Las Caobas (Santo Domingo Ouest), ainsi que des sites du District national situés près de l’avenue Cayetano Germosén et du parc Mirador Sur, en plus de zones à Higüey et Gaspar Hernández, énumère la Cndr.
Un équipe du site d’information dominicain, Umbral.com.do, a inspecté quatre (4) de ces lieux, confirmant la présence de ressortissantes et ressortissants haïtiens dans les zones mentionnées.
La Commission nationale des droits humains appelle les autorités migratoires et l’État dominicain à agir immédiatement pour stopper ces pratiques.
« Si aucune mesure n’est prise, la République Dominicaine pourrait faire face à des critiques internationales, pour avoir toléré des actes pouvant être perçus comme des provocations ou des comportements discriminatoires envers les Haïtiennes et Haïtiens ».
Rejetant toutes formes de stigmatisation fondée sur l’origine ou le statut migratoire, la Cndr réaffirme l’importance de promouvoir le respect, la tolérance et une coexistence pacifique entre toutes les communautés vivant en République Dominicaine.
« J’ai été expulsée vers un pays où je n’avais jamais vécu »
De plus en plus de femmes enceintes et de mères allaitantes haïtiennes, ainsi que des enfants en bas âge, sont renvoyés vers Haïti, pays où l’accès aux soins et aux services de base est à l’heure actuelle très restreint, s’inquiete l’Organisation des Nations unies dans un article mis en ligne le 25 avril 2025.
Pour la seule journée de mardi (22 avril 2025), 416 personnes ont été expulsées à Belladère, dans le département haïtien du Plateau central, à la frontière dominicaine de Comendador. Parmi elles, figuraient onze (11) femmes enceintes et seize (16) mères allaitantes, selon les données recueillies par l’Organisation intyernationale pour les migrations (Oim).
Enceinte, épuisée, tenant dans ses bras un petit sac contenant tout ce qui lui restait de ses affaires, Mireille se tenait sous le soleil impitoyable d’Haïti, ne sachant pas quoi faire ensuite, rapportait lle site Onu Info, e 1er fevrier 2025.
Elle venait d’être expulsée de la République dominicaine, un pays qu’elle considérait comme son pays d’origine depuis l’âge de huit ans.
Au fil des ans, elle a été témoin de la façon dont Haïti, son pays natal, a été frappé par la violence des gangs ainsi que par des crises humanitaires, politiques et économiques.
Chasse inquiétante contre les Haitiennes et Haitiens en République Dominicaine
L’État haïtien est appelé à assumer ses responsabilités, en garantissant la prise en charge médicale, juridique et psychosociale des personnes déportées, en particulier les femmes enceintes.
Une vidéo, publiée par le journal dominicain Listin Diario sur sa plateforme X (anciennement Twitter), montrait une femme haïtienne sur le point d’accoucher, amenée de force dans un bus, pour être déportée par les autorités dominicaines de la migration.
Cette action discriminatoire des autorités dominicaines a été vivement dénoncée par différents organismes de droits humains, dont la plateforme Garr.
Au cours des quatre premiers mois de 2025 (janvier à avril 2025), les autorités de la République Dominicaine ont expulsé 119,003 Haïtiennes et Haïtiens, qu’elles affirment avoir trouvé en situation migratoire irrégulière, a annoncé la Direction générale dominicaine des migrations (Dgm).
En 2024, plus de 276,000 personnes ont ainsi été expulsées vers Haïti. [emb rc apr 14/05/2025 11:55]
