P-au-P, 30 avril 2025 [AlterPresse] --- L’administration du président américain Donald Trump a informé le Congrès de son intention de désigner les gangs en Haïti comme des organisations terroristes étrangères, selon l’agence Associated Press (Ap) citant des sources au courant de la notification gouvernementale et consultée par l’agence en ligne AlterPresse.
L’administration de Donald Trump prévoit d’exercer des pressions similaires sur les gangs en Haïti, avec cette éventuelle mesure de désignation, qui entraînerait des sanctions et des peines pour quiconque apporte un « soutien matériel » aux groupes terroristes concernés, précise Associated Press.
Le mardi 4 mars 2025, le président dominicain Luis Abinader a signé un décret, désignant 26 gangs en Haïti comme « organisations terroristes », suite à la détérioration de la situation sécuritaire en Haïti.
Ce décret viserait à protéger la République Dominicaine contre les menaces transfrontalières.
Les 26 gangs en Haïti, classés comme « organisations terroristes » par Abinader, sont Delmas 6, 5 Segonn, Kraze Baryè, 400 Mawozo, Gran Ravin, Taliban/Canaan, Baz Gran Grif / Gang de Savien Petite Rivière de l’Artibonitei, Kokorat San Ras, Haut Belair/Argentins, Belekou, Ti Bwa, Krache Dife, Chabon, Wharf Jérémie, Gang de Pierre VI, Simon Pelé, Nan Boston, Baz Pilat, Chen Mechan, Fort Dimanche, Gang de Tokyo, Chancerelles, Carrefour Drouillard, Terre Noire, Brooklyn et Mariani.
Formée en septembre 2023, une coalition criminelle des gangs armés, dénommée Viv Ansanm, a intensifié leurs attaques violentes depuis février 2024 en Haïti.
En 2024, plus de 5,600 personnes ont été tuées dans le pays.
Plus d’un million de personnes ont été forcées de se déplacer à cause des violences des gangs, qui ont entraîné la libération de nombreux détenus à Port-au-Prince et Mirebalais (Plateau central).
Environ 85 % de territoires dans la capitale, Port-au-Prince, sont contrôlés par les gangs, qui continuent d’étendre leur emprise sur des zones auparavant épargnées par la terreur et d’autres actes de violences.
Ce dossier de désignation des gangs en Haïti, comme des organisations terroristes étrangères, fait suite à une décision de l’administration de Donald Trump, prise en février 2025, visant à supprimer les garanties, qui exempteraient un demi-million d’Haïtiennes et d’Haïtiens de figurer dans un processus d’expulsion du territoire américain.
Des dizaines de milliers d’Haïtiennes et d’Haïtiens sont arrivé-e-s aux États-Unis dans le cadre d’un programme, mis en place par le président Joseph Robinette (dit Joe) Biden, autorisant des ressortissantes et ressortissants de quatre pays (Haïti, Cuba, Nicaragua, Vénézuela) à résider, pendant deux ans, aux États-Unis d’Amérique.
L’administration de Donald Trump voudrait mettre fin à ce programme, en cherchant à révoquer le statut des milliers de personnes admises sous l’administration de Joe Biden.
En février 2025, le Département d’État des Etats-Unis a désigné huit (8) organisations criminelles latino-américaines, accentuant ainsi la pression sur les cartels opérant aux États-Unis et sur quiconque les soutient.
Cette mesure fait suite à une série de mesures, prises contre le gang vénézuélien Tren de Aragua, qui a été désigné comme une organisation terroriste étrangère, puis qualifié de force d’invasion, en vertu d’une loi de guerre du XVIIIe siècle, pour justifier la déportation de migrantes et de migrants vénézuélien-ne-s vers une prison tristement célèbre du Salvador, dans le cadre d’une opération de vaste répression de l’immigration, menée par Donald Trump.
L’étiquette d’organisation terroriste étrangère a généralement été réservée à des groupes, comme Al-Qaïda ou le groupe État islamique. [emb rc apr 30/04/2025 12:10]
