P-au-P, 24 avril 2025 [AlterPresse] --- L’organisation de défense des droits humains Amnesty International dénonce un système de soins « raciste » et « discriminatoire » en République Dominicaine, qui expose les migrantes et migrants sans papiers, incluant les Haïtiennes et Haïtiens, à des violations du droit à la santé, tout en les déshumanisant et mettant leur vie en en péril, dans une note rendue publique le 23 avril 2025, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Les mesures, adoptées dans le nouveau protocole sanitaire en territoire dominicain, violent le principe constitutionnel de la République Dominicaine d’accès gratuit et universel aux soins de santé, institutionnalisant la discrimination contre toutes les migrantes et tous les migrants, mais plus directement contre les Haïtiennes et Haïtiens sans papiers, les demandeuses et demandeurs d’asile, les apatrides, les Dominicaines et les Dominicains d’origine haïtienne, condamne Amnesty International.
« Mettre en place un système qui expose les migrantes et migrants à l’expulsion, après avoir reçu des soins médicaux, viole non seulement le droit à la santé, mais déshumanise également les personnes sans papiers et risque de les décourager de se faire soigner à l’hôpital, mettant ainsi leur vie en danger », fustige la Mexicaine Ana Piquer Romo, directrice du programme Amériques d’Amnesty International, en réponse aux mesures d’immigration, annoncées le 6 avril 2025 par le gouvernement de Luis Abinader, notamment un protocole pour l’accès des migrantes et migrants aux services de santé publique en République Dominicaine.
De telles dispositions soulignent également le mépris du gouvernement dominicain envers les obligations internationales de l’État dominicain et les recommandations en matière de droits humains, adressées au pays par les organisations internationales.
Les images de dizaines de femmes enceintes et venant d’accoucher, il y a seulement quelques jours, expulsées vers le territoire d’Haïti ces derniers jours, ett diffusées par les médias dominicains et haïtiens, suscitent beaucoup d’indignation.
Tout en s’insurgeant contre le protocole sanitaire, qui accentue le racisme dans les politiques d’immigration en République Dominicaine, Amnesty international demande au président dominicain Luis Abinader d’adopter des mesures, pour renforcer le système de santé en République Dominicaine, pour éviter de violer les droits des migrantes haïtiennes et migrants haïtiens.
« Le nouveau protocole sanitaire (en République Dominicaine) exige que les utilisatrices migrantes et les utilisateurs migrants fournissent « une pièce d’identité, un statut d’emploi et une preuve de résidence », soulignee Amnesty international.
Les personnes en situation d’immigration irrégulière seront expulsées, après avoir reçu des soins, stipule ce nouveau mécanisme sanitaire en République Dominicaine, out en établissant des frais pour les services.
L’organisation Amnesty international exige urgemment la fin des expulsions massives de migrantes haïtiennes et de migrants haïtiens, et l’annulation des politiques d’immigration discriminatoires, qui les affecteront de manière disproportionnée, appelant la population dominicaine à rejeter ces mesures cruelles et racistes.
Elle signale « à quel point les obstacles à l’accès aux services publics sont particulièrement critiques pour les enfants migrants et les femmes enceintes, qui ont subi une grave stigmatisation, pour avoir exercé leur droit à la santé et à l’éducation ».
Elle appelle instamment le gouvernement dominicain à mettre fin immédiatement aux expulsions collectives d’Haïtiennes et d’Haïtiens, et à abroger le protocole liant l’accès aux services de santé à l’expulsion.
Amnesty international exhorte plutôt à adopter des mesures concrètes contre la discrimination raciale, à garantir l’accès à la protection internationale aux personnes dans le besoin et à garantir un environnement exempt de stigmatisation », a déclaré Ana Piquer.
Depuis octobre 2024, les autorités dominicaines ont procédé à plus de 180,000 expulsions collectives d’Haïtiennes et d’Haïtiens, en violation du droit international. [emb rc apr 24/04/2025 12:35]
Photo : Site de l’organisation des droits humains Amnesty International
