P-au-P, 21 avril 2025 [AlterPresse] --- D’ici juin 2025, (un nombre de) 5,7 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population en Haïti, devraient connaître une insécurité alimentaire aiguë, alerte la Coordination nationale de la sécurité alimentaire (Cnsa), dans son dernier rapport consulté par l’agence en ligne AlterPresse.
Parmi elles, un peu plus de deux millions de personnes devraient être confrontées à une situation d’urgence alimentaire, et environ 8,400 autres personnes à une situation de catastrophe, souligne le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (Ipc) de la Cnsa.
La situation de catastrophe constitue le niveau d’insécurité alimentaire le plus critique, caractérisé par un manque extrême de nourriture, une malnutrition aiguë sévère et un risque de famine, selon l’Ipc.
Dans une note publiée le jeudi 17 avril 2025, le Programmé alimentaire mondial (Pam) signale combien la montée des actes de violences armées a entraîné des déplacements massifs de personnes et une aggravation de la faim.
Ces milliers de familles déplacées dans la capitale Port-au-Prince font face à un accès limité à l’eau potable, à la nourriture et aux soins de santé.
« Pour l’instant, nous luttons simplement pour contenir la faim. Sans les efforts considérables déjà déployés, la situation serait bien pire. Pour faire face à la crise croissante, nous appelons la communauté internationale à apporter une aide urgente. Le pays a, avant tout, besoin de paix », déclare la Kényane Wanja Kaaria-Ndoho, directrice pays du Pam en Haïti.
De son côté, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) évoque la vulnérabilité des enfants haïtiens, précisant combien plus d’un million d’entre eux sont confrontés à une insécurité alimentaire critique.
2,85 millions d’enfants – soit un quart de la population infantile totale en Haïti – sont exposés à des niveaux élevés et constants d’insécurité alimentaire dans tout le pays, note l’Unicef.
« Nous sommes confrontés à un scénario, où les parents ne peuvent plus prendre soin de leurs enfants et les nourrir, en raison (des actes) de violences persistantes, de l’extrême pauvreté et d’une crise économique persistante », affirme la Canadienne (née dans l’archipel des Fidji) Geeta Narayan, représentante (depuis le 29 septembre 2024) de l’Unicef en Haïti.
L’aggravation de l’insécurité alimentaire et des troubles a entraîné une crise nutritionnelle pour les familles en Haïti, mentionne l’Unicef.
L’Unicef estime nécessaire et urgent d’adopter des mesures vitales, telles que « le dépistage des enfants à risque d’émaciation et de retard de croissance, et l’accès aux traitements thérapeutiques pour les enfants malnutris, pour sauver des vies ». [emb rc apr 21/04/2025 9:40]
Photo : Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef)
